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Québec gonflée à bloc

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C’est certainement la phrase que j’ai le plus souvent entendue au cours des derniers jours.

C’est certainement la phrase que j’ai le plus souvent entendue au cours des derniers jours.

«Ils sont bien étranges, à Québec, de faire la queue pour visiter un amphithéâtre vide!»

Pour les gens de l’extérieur de Québec, ça peut effectivement paraître bizarre.

La foule. Les majorettes. Les amuseurs publics.

Et Dave Morissette en extase devant une machine à pop-corn, comme si c’était l’Arche de Noé.

Ben oui, Dave, on verse des graines dedans et après quelques minutes, ça fait pop! pop! pop!

Capoté, hein?

Minuscule et masjuscule

Mais il faut mettre tout ça dans le contexte.

Pour Québec, l’amphithéâtre Vidéotron n’est pas qu’un aréna.

C’est un symbole. Une figure de proue.

Depuis le temps que les résidents de Québec voient passer le plat de bonbons sous leur nez sans pouvoir piger dedans («Un stade pour Montréal, une Grande Bibliothèque pour Montréal, une Maison symphonique pour Montréal...»), c’est maintenant à leur tour de plonger.

«Ouais, mais on a donné tout cet argent pour recevoir une éventuelle probable équipe de hockey», se sont plaints les Montréalais, à l’autre bout de la 20, frustrés de voir ces précieux dollars leur échapper.

Et le hockey, ça ne fait pas partie de notre culture?

Quel événement rassemble le plus grand nombre de gens un samedi soir, selon vous?

Des musiciens qui jouent du violon ou des gars qui poussent une rondelle?

La culture avec un petit «c» est aussi essentielle que celle avec un gros «c».

Le Québec, c’est autant

André Mathieu que Maurice Richard.

Son premier match à vie !

Vendredi, Élisa Cloutier, ma coanimatrice à CHOI RadioX, m’a fait rencontrer Samuel Sinayi­gayé, un Rwandais de 63 ans qui vit maintenant à Québec.

Samedi, à l’amphithéâtre Vidéotron, cet ingénieur aéronauti­que qui a travaillé pour l’ONU (et qui s’est promené aux quatre coins de la planète) a vu son premier match de hockey avec son fils Kevin.

Il n’aurait manqué ça pour rien au monde. C’est même l’un des premiers fans à avoir acheté «sa place», à l’amphithéâtre.

«Je suis au Québec, et au Québec, le hockey est extrêmement important, m’a-t-il dit en ondes. Alors j’ai tenu à comprendre ce sport, à le suivre... C’est ma façon de m’intégrer...»

Le hockey n’est pas qu’un sport parmi tant d’autres. C’est une arme d’intégration massive, une sorte d’espéranto culturel qui permet à des gens de toutes origines et de toutes croyances de se parler, de communiquer.

Samedi, quand un joueur des Ramparts faisait un beau jeu, Samuel Sinayigayé se levait spontanément de son siège en criant.

Avec son fils. Et les milliers d’autres spectateurs présents.

Sept ans plus tard

Je vous disais samedi à quel point Montréal a la mine basse. À Labeaumeville, c’est l’inverse.

On pète le feu.

Voilà pourquoi ils étaient aussi nombreux à faire la queue pour visiter un stade vide, ces derniers jours.

Pourquoi il y avait des majorettes, une fanfare et des amuseurs publics.

Et pourquoi les gens se prenaient en photo à côté de la machine à pop-corn. Comme Dave.

Parce que l’ouverture de l’amphithéâtre fait figure de symbole.

Ça reflète tout ce qui se passe dans la ville depuis 2008.

 

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