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Déplacement vers les garderies privées : pourquoi pas?

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Le syndicat des éducatrices en garderie dénonce le déplacement d’enfants du réseau public de garderies vers le privé. À lire et écouter la façon dont cette nouvelle est rapportée, on aurait l’impression qu’il s’agit d’un problème social. Semblable à l’attente dans les hôpitaux, au décrochage scolaire ou au gaspillage de fonds publics.

Le syndicat des éducatrices en garderie dénonce le déplacement d’enfants du réseau public de garderies vers le privé. À lire et écouter la façon dont cette nouvelle est rapportée, on aurait l’impression qu’il s’agit d’un problème social. Semblable à l’attente dans les hôpitaux, au décrochage scolaire ou au gaspillage de fonds publics.

Dans la même logique, puisqu’il s’agirait d’un fait totalement malheureux, les réformes du gouvernement libéral seraient à blâmer pour la catastrophe. Mais cette nouvelle est-elle vraiment négative? Si les parents obtiennent un service de qualité en reprenant le contrôle des coûts pour eux-mêmes et pour l’État, où est le problème?

Le plus gros problème des services de garde, ces dernières années, c’est l’explosion des coûts. C’est d’ailleurs cela qui constitue le véritable scandale. Le gouvernement a monté un système mur à mur dont la facture a grimpé de façon vertigineuse. Une fois cette facture trop lourde, le même gouvernement en a refilé une grosse partie aux parents lors de la révision à la hausse des tarifs.

Facture hors de contrôle

Je l’ai déjà écrit, mais juste pour ne pas l’oublier: entre 2003 et 2014, le budget du ministère de la Famille a plus que doublé. Paye-t-on deux fois plus cher pour deux fois plus de places en garderie? Vraiment pas. Le nombre de places durant la même période n’a crû que de 36%. L’explosion du coût total est donc due au coût par place qui a bondi en plus de la structure bureaucratique qui s’est alourdie. Voilà donc un bel exemple où un discours officiel nous pousse naturellement à confondre un intérêt particulier avec l’intérêt général. Évidemment l’intérêt des gens dans un système consiste à voir tous les développements survenir à l’intérieur de ce système.

Je l’ai déjà écrit, mais juste pour ne pas l’oublier : entre 2003 et 2014, le budget du ministère de la Famille a plus que doublé.

Même chose pour l’intérêt syndical: un système qui grossit toujours signifie plus de membres, plus d’influence, plus d’impact lors d’une grève. Cela ne veut pas dire que le développement des services de garde dans un seul système soit automatiquement dans l’intérêt collectif des Québécois.

Pas de monopole

On peut facilement plaider que la coexis­tence de garderies privées et du système public offre un plus large éventail de choix aux parents. Que la présence de garderies privées maintient une saine concurrence tant du point de vue de l’offre de services variés que du maintien d’un prix raisonnable. Le coût par place est moindre pour l’État dans le privé.

D’ailleurs, l’énorme repro­che qui est fait au gouvernement libéral par les représentants des services de garde publics, c’est d’avoir amélioré le crédit d’impôt destiné à ceux qui font garder leurs enfants dans le privé. C’est cela, combiné avec la nouvelle modulation des tarifs, qui rend le privé plus attrayant. Or, cette mesure en fut une de simple justice envers des parents qui étaient jusque-là pénalisés.

Faudrait-il maintenir une punition injuste sur les usagers des garderies privées pour les pousser de force vers les CPE?

La vérité, c’est que le plan initial était de créer un système unique, un monopole. Si le gouvernement Couillard nous en éloigne, au nom de la liber­té de choix, je l’en remercie.

 

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