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Alex Harvey vise le globe de cristal

Le fondeur a retrouvé la forme après avoir subi une double opération au printemps

Quebec, Assemblee nationale
Photo d'archives, Le Journal de Québec, Stevens LeBlanc Bardé de quatre médailles à des championnats du monde, dont un doublé en Suède en mars dernier, le «nouveau» Alex Harvey se dit maintenant apte à obtenir le globe de cristal de la prochaine saison en Coupe du monde.

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Les merveilles de la chirurgie autorisent maintenant Alex Harvey à cibler un objectif qui lui était jusqu’ici défendu: remporter le classement général de la Coupe du monde de ski de fond.

La double opération visant à dégager ses artères iliaques, au printemps dernier, a donné au skieur de 27 ans les jambes qu’il espérait tant depuis le début de sa carrière. Ses records d’entraînement enregistrés durant l’entre-saison annoncent l’entrée d’un nouvel athlète lorsque le calendrier de courses débutera en Finlande, le 27 novembre.

«C’est la première année que je peux y croire. Auparavant, je n’y croyais pas parce que j’étais réaliste. Pas parce que je n’avais pas confiance en moi, mais je n’y croyais pas parce qu’en ne terminant pas le Tour de ski (début de janvier), c’était impossible de gagner le cumulatif de la saison. Je laissais aller trop de points», explique Harvey, qui part aujourd’hui vers Park City, au Utah, pour un dernier camp préparatoire de trois semaines avec l’équipe canadienne.

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Photo d'archives AFP

Le Tour de ski à sa portée

Ses problèmes de circulation sanguine résolus ont non seulement amélioré la qualité de son entraînement estival, mais il pourra désormais attaquer sans complexe les montées abruptes en pas de patin qui lui causaient des cauchemars. Déjà, il n’est plus question pour lui de renoncer à la dernière étape du Tour de ski le 10 janvier, une épreuve de neuf kilomètres qui culmine avec la montée de 3,7 km de l’Alpe Cermis, certes l’événement-clé de l’hiver pour tout prétendant au cumulatif de la saison.

Harvey avait fait l’impasse sur cette éprouvante ascension durant les trois dernières éditions, laissant sur la table de précieux points. Les «dommages» causés par son forfait à ce dernier jour du Tour de ski se mesurent mieux depuis 2014. Cette année-là, il avait terminé troisième au classement général de la saison avec 766 points, mais à un écart insurmontable du champion norvégien Martin Johnsrud Sundby (1538) et de son second, le Russe Alexander Legkov (1008).

«Les autres années, même au 1er mai quand je commençais mon entraînement pour la saison, je savais déjà que je n’allais pas terminer le Tour de ski», affirme le Québécois, qui a fini neuvième la saison dernière.

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Photo d'archives, Le Journal de Québec, Mathieu Bélanger

Prestigieux

Durant une saison sans Jeux olympiques et championnats du monde, le fondeur de Saint-Ferréol peut se joindre aux grands acteurs du peloton pour qui le globe de cristal de la Coupe du monde deviendra le principal objectif. «Je prendrais un globe de cristal avant une médaille d’or individuelle aux championnats du monde», va jusqu’à avouer Harvey pour illustrer le prestige associé à ce titre.

«C’est prestigieux parce que ça dénote une constance. Ce qu’il y a de plus gros, c’est sûrement une médaille d’or olympique, mais je suis certain que la majorité échangerait une d’argent ou une de bronze contre un globe de cristal.»


Une faiblesse qu’il fallait cacher

Reconnu pour s’adapter à tous les types d’épreuves, Alex Harvey pourrait avoir perdu sa principale lacune qu’il tentait de cacher à ses opposants depuis le début de sa carrière.

Ses ralentissements dans les longues montées abruptes trahissaient ses problèmes de circulation sanguine à ses deux jambes. En raison des coincements répétés sur ses artères iliaques durant ses levées de jambes, un fibrome s’était créé dans chacun des conduits, allant même jusqu’à bloquer le flux sanguin durant les pires commandes. Les Dario Cologna, Petter Northug et autres gros joueurs du peloton se doutaient bien que tout ne tournait pas rond chez le Québécois, qui perdait toujours du terrain dans les ascensions.

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Photo Le Journal de Québec, Stevens LeBlanc

«Ils ne savaient pas ce que j’avais exactement, mais c’est clair qu’ils ne m’ont jamais considéré comme un bon grimpeur. Ils voyaient bien que j’avais toujours des problèmes dans les montées, mais je n’ai jamais voulu trop en parler parce que ça leur aurait donné plus d’informations sur mes faiblesses», avoue-t-il aujourd’hui.

10 km en 32 minutes!

Une double opération subie à 10 jours d’écart, les 20 mars et 1er avril derniers, a corrigé les défauts. Ainsi, Harvey avise la concurrence que «je ne jouerai plus au yo-yo dans les montées».

La plus récente preuve attestant de l’amélioration de ses capacités est survenue à l’épreuve de course à pied de 10 km de l’université Laval, dimanche dernier, où il a réalisé un chrono respectable de 32 m 17 s, par forts vents de surcroît. Ses sensations durant l’effort lui en ont appris plus que sa troisième place au final.

«Auparavant, la course à pied, c’est ce qu’il y avait de pire pour moi. Quand j’atteignais 148 pulsations à la minute, j’étais «accoté». Mais dimanche, j’ai gardé une moyenne de 168 durant 30 minutes et j’ai même atteint un sommet de 175, ce que je n’avais jamais réussi dans ma vie», dit-il.

Le «nouveau» Alex Harvey se doute bien que le peloton sera informé de son corps amélioré. Au mariage de son ami Devon Kershaw, cet été en Norvège, le hasard a voulu qu’il croise l’entraîneur Tor Arne Hetland de l’équipe norvégienne, à qui il a raconté le succès de l’opération.

«J’imagine bien qu’il va le dire à ses gars.»