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La Presse mettra fin à son édition papier dès le 1er janvier

Seule une version hebdo du samedi demeurera imprimée

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Photo Archives / Agence QMI

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La disparition presque totale de La Presse papier confirmée mercredi place le quotidien montréalais dans une certaine incertitude.

Les dirigeants du quotidien de la rue Saint-Jacques ont fait une annonce attendue par plusieurs depuis un certain moment: ils se départiront de leur édition papier en semaine, dès le 1er janvier 2016. Seule la parution du samedi sera conservée.

«C’est évident qu’il y aura des coupes d’employés, surtout dans des secteurs qui sont déjà en recul, comme la distribution. Et malheureusement, nous n’avons pas eu d’annonce précise concernant des mesures mises en place pour gérer l’incertitude», a lancé Charles Côté, président du Syndicat des travailleurs de l’information à La Presse.

Virage risqué ?

Le journal franchit ainsi une nouvelle étape dans son virage numérique déjà entamé depuis 2013, lors de la sortie de La Presse +. C’est à cette application tablette que l’entreprise se consacrera presque exclusivement dans quelques mois.

«Je me demande si les chiffres sur l’achat des tablettes permettent de porter leur vision. C’est un créneau très précis de miser uniquement sur cette plateforme», s’est interrogée l’experte en médias Marie-Claude Ducas, ajoutant que la consommation de nouvelles sur le téléphone prend davantage d’ampleur, selon elle.

Projet emballant

Même s’ils se posent plusieurs questions quant à l’avenir de leur média, les employés contactés par Le Journal mercredi se sont tous dits confiants dans le succès d’un tel virage numérique.

«On entre un peu dans l’inconnu, mais en même temps, on l’a déjà testé. C’est sûr qu’il n’y a rien de garanti dans l’avenir. Quand on innove, on ne peut pas être sûr à 100 % de l’issue», a confié le chroniqueur Yves Boisvert, qui se réjouit de ce «projet emballant».

De son côté, s’il a aussi des appréhensions, Patrick Lagacé explique qu’elles sont davantage liées «aux bouleversements qui secouent tous les médias».

Selon lui, l’annonce revêt un côté positif en raison du «vif succès de lectorat» de l’application numérique.

«La partie est-elle gagnée? Non. Mais je suis personnellement heureux de voir que La Presse ose», a dit le chroniqueur.

Même si les syndicats du quotidien assurent être «tous d’accord» sur ce modèle, on demande malgré tout que l’employeur soit moins «opaque» en ce qui a trait à ses finances.

Les autres veulent en profiter

La fin du papier à La Presse en semaine pourrait bien profiter aux autres principaux quotidiens montréalais, qui ont tous réaffirmé mercredi qu’ils n’emboîteront pas le pas de leur compétiteur.

«Cela pourrait avoir un impact positif sur les autres journaux, ceux qui tiennent à conserver leur édition papier», a affirmé Colette Brin, professeure au département d’information et de communication de l’Université Laval.

La Presse mise en effet sur une application mobile tablette qui élimine certains créneaux de lectorat, dont ceux qui n’ont pas les moyens de se procurer un nouvel appareil électronique ou qui ne sont pas intéressés, selon elle.

Le papier reste ailleurs

«Contrairement à La Presse, il n'est pas question de laisser tomber les 1,8 million de lecteurs qui lisent nos journaux imprimés chaque semaine, a fait savoir mercredi Julie Tremblay, présidente du Groupe Média de Québecor Média, propriétaire du Journal. D'ailleurs, la popularité des quotidiens papier ne se dément pas au Québec.»

Tant la direction du Devoir que celle de The Gazette ont fait savoir mercredique leurs publications vont dans le même sens.

«Malgré l'augmentation des abonnés numériques que nous connaissons, nos abonnements papiers se maintiennent, signe d'un intérêt manifeste des lecteurs à vouloir lire leur journal dans un format traditionnel. Notre intention est de continuer à répondre à leurs attentes», a indiqué le directeur du Devoir Bernard Descôteaux. Ce quotidien en a d'ailleurs profité mercredi pour lancer une campagne d'abonnement à son édition papier sur les réseaux sociaux.

 

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