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Un niqab orange

NIQAB
Photo AFP

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Quel étrange pays que le Canada. L’hiver dernier, une femme a provoqué une commotion en exigeant de porter le niqab au cours de la cérémonie hautement symbolique de la citoyenneté. Il y avait là une intention évidente de provoquer son pays d’accueil, stratégie classique des islamistes radicaux, qui tentent de repousser les frontières de l’acceptable dans les pays démocratiques.

Les réactions étaient prévisibles. La population se braque et les islamistes en profitent pour propager leur propagande, laissant entendre que les musulmans sont ostracisés. C’est d’ailleurs ce message de fausse islamophobie qu’a porté Adil Charkaoui hier à l’Assemblée nationale, lui qui ne représente pas du tout les Québécois musulmans. Les bien-pensants se portent à la défense des pauvres minorités et les cours de justice canadiennes appliquent la Charte canadienne, qui met les droits des minorités religieuses au-dessus de tout, même de l’égalité homme-femme ou du bon sens élémentaire. 

Parce qu’à bien y penser, qu’y a-t-il de plus rétrograde dans nos sociétés que cette idée voulant que la femme soit soumise, qu’elle s’efface jusqu’à cacher son visage?

Il n’y a rien de religieux là-dedans. Il ne s’agit pas du droit de minorités qu’il faudrait protéger, mais d’une guerre politique qui vise à rabaisser la femme. C’est complètement et absolument inacceptable! En ce moment même, les fous furieux de l’État islamique imposent ces ignominies à des femmes, les violent et les mettent en esclavage, se justifiant toujours au nom de la religion. Toutes ces femmes qui ont fui leur pays pour échapper aux islamiques radicaux et qui arrivent chez nous sont confrontées aux mêmes arriérés, et quelle est la réponse des autorités canadiennes? On va protéger les radicaux au nom des droits et libertés! 
Dans cette affaire, même si 88% des Canadiens et 91% des Québécois (dont de très nombreux Québécois musulmans) pensent que le serment de citoyenneté doit se faire à visage découvert, les leaders politiques fédéraux ne bronchent pas. Belle démocratie, qui protège les antidémocrates religieux et qui ignore ses citoyens.
Fidèle à lui-même, Harper a bien essayé d’instrumentaliser cette affaire en faisant semblant de s’y opposer. Mais on apprend maintenant que l’avocat du gouvernement fédéral a délibérément saboté sa propre cause. Harper, autrefois le premier critique du gouvernement des juges, a abdiqué! Il va bien sûr essayer dans les prochains jours de jouer sur tous les tableaux, mais il y a longtemps que sa crédibilité a atteint celle des sénateurs qu’il a nommés...
Justin Trudeau, on n’en parle même pas. Juste effleurer l’œuvre du père serait un sacrilège. Même si une immense majorité de ses concitoyens sont en désaccord, hors de question de remettre en cause la Sainte Constitution Paternelle. Au nom du père, du fils et de la Cour suprême...
Là où on sombre dans l’absurde, c’est avec la position de Thomas Mulcair. Chef d’un parti progressiste, on s’attendrait à ce qu’il défende bec et ongles les droits des femmes. Qu’il s’oppose avec autant de virulence aux islamistes radicaux qu’aux conservateurs créationnistes. Mais non, M. Mulcair s’est précipité au micro pour affirmer qu’il appuyait fermement le port du niqab dans les cérémonies de citoyenneté, mais aussi dans les services publics!

Selon le sondage cité plus haut, 91% des Québécois sont en désaccord avec le port du Niqab. Ça ne laisse pas grand monde du côté de Mulcair. 

Personne ne va me faire croire que chacun des 77 autres candidats du NPD au Québec est comme son chef en faveur du port du niqab.

 

Le lieutenant de Thomas Mulcair au Québec, Alexandre Boulerice, aussi habile soit-il, patinait très fort l’hiver dernier sur cette question. J’ai hâte d’entendre les 76 autres candidats du NPD au Québec nous expliquer pourquoi ils sont en faveur du port du niqab. Encore faudrait-il qu’ils aient le courage de dire quelque chose. J’ai comme qui dirait l’impression que la plupart d’entre eux aimeraient mieux se couvrir le visage d’un niqab orange plutôt que de s’expliquer.