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Les impacts financiers du virage numérique de La Presse

C'était au tour du quotidien de la rue Saint-Jacques, hier, de défrayer la manchette.
© PC

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MONTRÉAL – Le quotidien La Presse est imprimé par TC Imprimeries Transcontinental en vertu d’un contrat signé en 2003 qui avait nécessité la construction d’une usine dans l’est de l’île de Montréal. L'imprimeur Transcontinental va perdre gros.

D'une durée de 15 ans, le contrat d’impression de La Presse était évalué, à l’origine, à environ 60 millions $ par année. La construction de l’imprimerie dédiée en partie à ce contrat, au parc industriel Pointe-aux-Trembles, était estimée à 100 millions $. Ce fut l’un des plus gros chantiers sur l’île de Montréal en 2003, sur 125 000 pieds carrés. L’usine est entrée en fonction en octobre 2003.

En 2014, le contrat d’impression du quotidien a été modifié pour tenir compte de La Presse+: quatre ans avant la fin du contrat (prévue en 2018), l’éditeur a obtenu une «flexibilité accrue» pour réduire le nombre d'exemplaires et de pages imprimées, en échange d’une compensation de 31 millions $ versée à Transcontinental.

Que deviendra cet établissement et quelle sera la perte de revenus pour Transcontinental, alors que La Presse annonce la disparition de sa version papier en semaine?

La porte-parole de Transcontinental, Jennifer F. McCaughey, a indiqué qu’au fil des ans, l’usine a diversifié ses sources de revenus, avec l’impression du quotidien gratuit Métro et de plusieurs journaux hebdomadaires. Environ 80 personnes travaillent à l’imprimerie et il est trop tôt pour savoir si les changements annoncés pour La Presse auront un impact sur le nombre d’emplois.

Les activités médias de Power Corporation et son virage numérique ont continué de peser sur les résultats financiers de l’entreprise montréalaise au cours des dernières années.

Malgré la vente des quotidiens régionaux, le poste comptable qui inclut les activités de Groupe de communications Square Victoria (l’entité qui regroupe les médias de Power) et d’autres filiales a engrangé une perte de 21 millions $, comparativement à 17 millions $ à la même période l’année précédente au deuxième trimestre de 2014.

Dans des explications publiées au deuxième trimestre, Power disait qu’elle avait dû inscrire dans ses livres «des charges pour perte de valeur liées à Groupe de communications Square Victoria inc.» La valeur des charges n’est toutefois pas précisée.

Power disait aussi que La Presse poursuivait «ses initiatives de restructuration qui ont commencé en 2013» et que l’abandon du papier pour «La Presse»était toujours prévu, mais qu’aucune date n’avait encore été fixée.

Déjà, dans un rapport de gestion du géant financier pour l’année 2012, Groupe de communications Square Victoria, qui regroupe Gesca et les projets numériques et télé de Power, avait dû inscrire dans ses livres des charge de dépréciation totalisant 56 millions $ sur des «immobilisations incorporelles» et du «goodwill» concentrés surtout dans les propriétés médias numériques.