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Rockland MD: les anesthésistes recevaient 1000 $ par jour

Des médecins qui travaillaient à Rockland MD recevaient des «privilèges temporaires» à répétition, ce qui est contraire à la loi.
Photo d’archives Des médecins qui travaillaient à Rockland MD recevaient des «privilèges temporaires» à répétition, ce qui est contraire à la loi.

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Les anesthésistes de l’hôpital Sacré-Cœur qui travaillaient à la clinique privée Rockland MD recevaient une prime illégale de 1000 $ par jour, et certains médecins avaient droit à des privilèges interdits, dont des bureaux sur place, a appris Le Journal.

En novembre dernier, le sous-ministre à la Santé Michel Fontaine a envoyé un courriel à la direction de Sacré-Cœur et de Rockland MD pour que cessent ces «pratiques irrégulières».

Fin des bonis

Toujours selon le courriel, le ministre de la Santé Gaétan Barrette avait même exigé la fin de ces pratiques dès septembre 2014.

Après une enquête en décembre dernier, un vérificateur du ministère de la Santé a confirmé que la clinique s’était conformée.

C’est même les contribuables qui payaient les primes de 1000 $, puisque Rockland MD facturait le montant à l’hôpital dans les frais de location de la salle.

Rappelons qu’une entente spéciale permettait depuis 2008 aux médecins de Sacré-Cœur d’opérer des patients au privé pour désengorger les listes d’attente.

Le 1000 $ facturé

Officiellement, ces bonis de 1000 $ par jour versés aux anesthésistes par la clinique servaient à payer leurs frais de déplacement, alors que seulement neuf kilomètres séparent les deux établissements.

Par ailleurs, des médecins avaient droit à des «privilèges temporaires» à répétition, dont des bureaux à la clinique privée, selon nos sources.

Tel qu’écrit, ces pratiques sont «en contravention de la loi de l’assurance maladie» et la loi des services de santé et de services sociaux.

Ces primes auraient perduré au moins un an ou deux, selon nos sources.

Hier, Le Journal révélait que le Dr Barrette a mis fin à l’entente entre Sacré-Cœur et Rockland MD à compter du 31 octobre. Depuis un an, l’entente était échue, mais renouvelée temporairement.

Selon l’attachée de presse du Dr Barrette, Joanne Beauvais, ces primes n’ont pas incité le ministre à mettre fin à l’entente. Or, elle avoue que «ça nous a fait réaliser que ça doit être équitable envers tous les médecins et tous les établissements».

Depuis 2008, 12 275 chirurgies du public ont été effectuées à Rockland MD. Dès novembre, 1300 chirurgies par année seront rapatriées dans le CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal.

Hier, la direction du CIUSSS a refusé la demande d’entrevue, et la direction de Rockland MD n’a pas rappelé Le Journal.

La CAQ déplore la fin de l’entente

François Paradis, Député de la CAQ
Photo SIMON CLARK
François Paradis, Député de la CAQ

La Coalition avenir Québec est «scandalisée» par l’annonce de la fin de l’entente qui permettait aux chirurgiens de Sacré-Cœur d’opérer leurs patients au privé depuis 2008, et croit que les patients seront les grands perdants de cette décision.

«Je ne comprends pas, ça me scandalise qu’on mette un terme à une façon de faire qui donnait un bénéfice aux patients!» réagit François Paradis, porte-parole de la Coalition avenir Québec (CAQ) en matière de santé.

Pour M. Paradis, il est clair que l’attente se prolongera pour les patients au cours des prochains mois.

D’autres Rockland ?

«Il n’y a aucune assurance que le réseau public peut répondre à la demande, dit-il, sans faire référence aux primes qui étaient données aux médecins. Rockland est un bel exemple qui marche, il faut multiplier ces exemples, pas les fermer!»

À noter que la décision récente du ministre Gaétan Barrette de mettre fin à l’entente n’a pas fait l’objet d’annonce officielle.

Pourtant, le ministère de la Santé concluait récemment dans une étude qu’il pourrait économiser jusqu’à 124 $ par patient opéré à Rockland.

Pas transparent

Pour François Paradis, ce dossier manque de transparence.

«S’il y a d’autres données, qu’on nous les montre! Pour quelles raisons a-t-on pris cette décision? Est-ce idéologique? Politique? Ce silence-là n’augure rien de bon.»

Du côté de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), qui représente les employés de Sacré-Cœur, on se réjouit de l’annonce, mais on se questionne aussi sur le manque d’information.

«C’est très curieux que le ministre refuse de dire pourquoi il fait ça. Il doit avoir d’autres données, réagit Jean Lacharité, vice-président de la CSN. Il doit s’expliquer sur la place publique, c’est son devoir de le faire.»

 

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