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Vive Montréal, vive PK!

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CAPTURE D'ÉCRAN TVA SPORTS

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À Montréal, nous avons un maire qui rêvait de la job de maire et maintenant un joueur étoile des Canadiens qui donne de son fric à la pelletée et qui fait l’effort de parler en français.
 
Il y a un lien entre les deux. C’est le citoyen qui peut retrouver de la fierté, de la confiance, dans ses institutions, dans son club. C’est l’esprit de Montréal qui vit.
 
Une ville, comme un pays, se bâtit sur des symboles. L’argent, le pouvoir, la gloire, ça existe partout. Ce n’est jamais l’âme d’un lieu, d’une nation. C’est là, c’est dans l’air, accessible à quelques privilégiés dans des beaux salons. Ce sont des leviers qui deviennent structurants quand on peut les rattacher à des symboles dont les citoyens peuvent se réclamer et se nourrir. 
 
Rappelez-vous. On a tellement eu honte à Montréal, de ce maire moitié aveugle moitié niaiseux, de cet autre qui n’aura fait que passer avant d’être arrêté par la police. On a tellement souffert de la turpitude des uns, de l’incompétence des autres, de la cupidité de ces autres encore et souvent les mêmes. On peut maintenant espérer que l’hôtel de ville n’est plus un lieu de débauche. Merci Denis Coderre pour l’énergie contagieuse, pour ce goût de Montréal, pour le doigt d’honneur en forme de marteau-piqueur à Postes Canada. Une voix pour les citoyens. Un maire incontournable pour notre métropole.
 
Et PK maintenant. Y a-t-il plus rassembleur dans ce pays que le hockey? Si on avait fait les conférences constitutionnelles sur une glace, on les aurait réglés les problèmes, dès 1971 à Victoria. Y a-t-il plus puissant à Montréal que les Canadiens? Bien sûr, il y a l’OSM. Formidable l’OSM, incroyable la Maison symphonique. Vous y entrez et vous vous sentez à New York. Vous vous dites : je ne peux pas croire qu’on a ça à Montréal. Mais on ne verra jamais une foule en délire se lever pour crier Nagano!
 
Mais on verra une foule en délire crier PK, PK, PK! Une foule dans laquelle se mêlent avec un même enthousiasme, les riches dans les loges et les pas riches dans leur sous-sol. Ce jeune homme vient d’envoyer un message en lettres d’or. Je suis reconnaissant de votre support. Je suis fier de faire partie de cette communauté. Je suis fier d’endosser ce chandail qui n’est pas un chandail ordinaire. Je le comprends. Et c’est au nom de cette équipe, du symbole qu’elle représente que je redonne à la communauté.
 
Bien sûr, d’autres l’ont fait et le font. Parfois discrètement, parfois publiquement. Mais venant de ce joueur flamboyant, le plus électrisant qu’on ait vu à Montréal depuis Guy Lafleur, ça prend une autre dimension. Venant aujourd’hui quand on a cette impression que notre sport que notre équipe sont pourris par l’argent et qu’il ne reste rien d’autre, ça prend un autre sens. Ce jeune homme venu de Toronto est venu nous dire : je vous aime aussi. Il a eu le souci de s’exprimer largement en français et de s’inscrire dans la tradition en espérant faire honneur à Jean Béliveau.
 
Évidemment, ça ne règle rien. Montréal a toujours d’immenses défis. Transport, économie, développement social, éducation. Il n’y a aucun de ces problèmes de Montréal qui a trouvé le début de l’ombre d’une solution aujourd’hui.
 
Mais dans l’intangible, dans le regard qu’on peut jeter autour de nous, il y a quand même un sentiment, qui a grandi avec l’élection de Coderre, et qui a grandi encore aujourd’hui, et c’est cette impression que Montréal vaut la peine, que Montréal a de l’avenir.