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Il tire sur son client en train de déménager

La victime insistait pour que le promoteur immobilier lui donne le code de la porte d’entrée

jugement de Tyronne Candappa
Photo Le Journal de Montréal, Ben Pelosse Tyronne Candappa ne s’attendait visiblement pas à dormir en prison.

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Un promoteur immobilier accusé de fraude a pris le chemin des cellules jeudi pour avoir tiré sur l’acheteur d’un condo qui ne voulait que le code de l’entrée pour commencer son déménagement.

«S’il avait donné le code [à la victime], ça aurait calmé la situation immédiatement», a résumé la juge Anne-Marie Jacques en déclarant Tyronne Candappa coupable d’avoir, entre autres, déchargé une arme à feu avec insouciance.

Les faits se sont déroulés le 6 décembre 2011, à Brossard. Klifford Hercule, la victime, voulait acheter un condo à Candappa après s’être séparé de sa copine.

Pour ce faire, il a amené un sac contenant 30 000 $ au promoteur.

L’accusé ne semblait pas avoir de problème avec la façon de faire peu orthodoxe de son acheteur, qu’il a décrit comme «un gangster» à la cour. Candappa a affirmé avoir déjà vu Hercule en compagnie du caïd Ducarme Joseph, qui a été assassiné à Montréal l’été dernier.

Mais Candappa a changé d’idée à la dernière minute quant à la vente.

Le jour où Hercule s’est amené au condo avec des déménageurs, il s’est buté à une porte barrée.

Hercule s’est alors rendu chez le frère du promoteur immobilier, qui demeurait tout près. Il a tenté avec insistance d’avoir le code pour entrer, en vain.

Contacté par son frère, Candappa est arrivé en trombe, armé d’un pistolet et d’un bâton de baseball.

Il s’est dirigé vers Hercule en tenant l’arme le long de sa cuisse. Au dernier instant, il a fait feu sur la victime, l’atteignant au niveau de l’estomac.

Hercule a survécu à ses blessures.

Au procès, l’accusé a plaidé la légitime défense, arguant qu’il avait peur de la victime, en raison de ses fréquentations et de son imposante stature.

Très peu crédible

Une version que la juge Jacques a qualifiée de «très peu crédible».

Candappa a affirmé sous serment avoir entendu Hercule battre son frère au téléphone.

Le hic, c’est que des images captées par une caméra de surveillance donnent aussi raison à Hercule, qui affirmait ne pas avoir frappé le frère du promoteur.

«Il n’y avait rien de menaçant pour l’accusé. C’était lui l’assaillant», a noté la juge, au palais de justice de Longueuil.

La magistrate a déclaré Candappa coupable de six chefs, dont voies de fait graves et agression armée.

Elle l’a néanmoins acquitté de tentative de meurtre, précisant qu’il n’avait pas visé la tête ou le cœur de la victime.

Me Marie-Josée Guillemette de la Couronne a tout de même demandé que l’accusé soit détenu sur-le-champ puisqu’il s’expose à une peine minimale de cinq ans de pénitencier.

Une requête que la juge Jacques a accordée, malgré les pleurs et les supplications de la famille de Candappa.

 

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