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Réduire les émissions de GES sera difficile, prévient Québec

Philippe Couillard
Photo Agence QMI, Simon Clark Philippe Couillard

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Québec propose de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 37,5% d'ici 2030, une cible ambitieuse qui n'a pas encore passé la rampe, reconnaît le ministre de l'Environnement David Heurtel.

Cette nouvelle cible appelle à un changement de comportement. Les Québécois seront incités à laisser tomber l'automobile à essence pour le véhicule électrique, prévient David Heurtel. Ce n'est pas vrai que l'auto électrique coûte plus cher, a-t-il plaidé en conférence de presse.

«Les programmes de subventions que le gouvernement offre réduisent le prix à l'achat. Les voitures électriques se rentabilisent avec les économies sur le carburant. L'idée c'est de rendre cette technologie plus accessible.»

De même, les citoyens seront incités à construire des maisons géothermiques qui utilisent la chaleur contenue dans le sol, a ajouté M. Heurtel. «Il y a investissement important à faire pour implanter un système de géothermie, sauf que sur la durée de vie d'une maison, ça devient moins cher qu'un système conventionnel. Il faut changer nos habitudes», a insisté le ministre de l'Environnement.

Le Québec n'est pas seul; la Califormie et l'Europe ambitionnent de réduire leurs émissions de GES de 40%. L'objectif planétaire est de limiter la hausse des températures moyennes à deux degrés Celsius d'ici 2050.

La cible proposée par Québec sera soumise à une consultation publique avant d'être établie par décret. Québec veut procéder rapidement puisqu'il compte confirmer sa nouvelle cible à l'occasion du sommet sur la lutte aux changements climatiques qui se tiendra à Paris en décembre.

Depuis qu'il s'est donné une stratégie de lutte aux changements climatiques en 2006, le Québec a réduit de 8% ses émissions de GES, par rapport à ce qu'elles étaient en 1990. L'objectif est de réduire les émissions de GES de 80% à 95% d'ici 2050.

La tâche ne sera pas facile, prévient le premier ministre Philippe Couillard. «Ce qui était facile à réaliser a été fait. L'hydroélectricité nous a aidé à atteindre les cibles initiales. Pour aller plus loin, ce sera difficile mais nous devons le faire. Les deux principales sources d'émissions de GES, les transports et l'inefficacité énergétique où, franchement le Québec devrait faire mieux.»

Steven Guilbeault d'Équiterre invite le gouvernement Couillard a laisser tomber le pétrole s'il veut atteindre ses nouvelles cibles. «La classe politique canadienne doit comprendre qu'on ne peut pas espérer réduire nos émissions de GES de façon aussi importante et continuer à développer nos hydrocarbures.»

Québec compte investir 3 milliards $ d'ici 2020, pour aider les entreprises à faire la transition vers une économie verte. Cet argent proviendra du Fonds vert qui dispose, aujourd'hui, d'une cagnotte de 750 millions. Les 2,6 milliards manquants viendront de la vente de crédits carbones que les entreprises polluantes doivent acheter pour émettre leurs GES au-delà du plafond permis. Le prix de ces crédits ira en augmentant, prévoit le ministre de l'Environnement.

«C'est bénéfique qu'il évolue à la hausse. Les entreprises qui vont continuer à émettre au-dessus du plafond n'auront pas le choix. Elles vont devoir acheter des crédits carbones, le prix élevé c'est la base d'un mécanisme comme le marché du carbone parce qu'il donne l'incitatif aux entreprises de trouver des technologies moins polluantes», a dit M. Heurtel.

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