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À sens inverse sur l’autoroute 30 : deux hommes perdent la vie

FD-ACCIDENT MORTEL
Photo Erik Peters / Agence QMI

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CHÂTEAUGUAY – La collision survenue jeudi soir impliquant deux véhicules, dont un circulant à sens inverse, sur l’autoroute 30 à Châteauguay a fait deux morts, ont confirmé les policiers vendredi matin.

En fin de soirée, Arthur Therriault, un automobiliste de 89 ans a pris l’autoroute à sens inverse sur la voie rapide. Il est alors entré en collision avec un conducteur de 32 ans, Michael Lortie, qui circulait normalement vers l’est.

Les deux hommes, originaires d’Anjou pour le premier et de Châteauguay pour le deuxième, sont décédés des suites de leurs blessures. Aucun autre véhicule n’a été impliqué dans la collision.

L’autoroute 30 en direction est a été fermée pour permettre aux services d’urgence de travailler et aux enquêteurs de commencer leur travail.

Les enquêteurs tentent toujours de comprendre pourquoi l’homme de 89 ans a pris l’autoroute à l’envers. Selon les premières constatations des policiers, l’alcool ne semble pas en cause, a indiqué la porte-parole de la Sûreté du Québec, Mélanie Dumaresq. Une distraction pourrait avoir causé l’erreur.

Vers un âge limite pour conduire?

Pour plusieurs internautes, cette collision soulève des questions quant à l’âge limite des conducteurs. Mais pour le Réseau FADOQ, il ne faudrait pas pour autant retirer le permis à un ainé sous le seul prétexte de son âge.

« C’est sûr qu’on perd des capacités quand on vieillit. Mais il ne faut pas généraliser. Certains conduisent très bien. Il ne faudrait pas leur enlever ce privilège», estime Danis Prud’homme, directeur général.

Au Québec, un automobiliste est dans l’obligation de se soumettre à un examen médical et visuel auprès de son médecin à 75 ans et à 80 ans. Il doit ensuite repasser ce même examen tous les deux ans.

Selon la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), il ne serait d'ailleurs pas nécessaire d'imposer des examens par simulations de conduite en personne.

« Certaines provinces comme l’Ontario l’ont essayé, mais ils se sont rendus compte que les personnes qui réussissaient étaient celles qui obtenaient aussi l’autorisation de leur médecin. On pense donc qu’il n’y avait pas de gains à faire à ce niveau là, sachant que c’est plus couteux », explique Gino Desrosiers, porte-parole de la SAAQ.

Difficile à admettre

Pour CAA-Québec, le principe est de laisser les ainés conduire le plus longtemps possible de façon sécuritaire. «Il y a des moyens de leur permettre de continuer à conduire sans danger même s’ils ressentent plus de difficultés. On peut rajouter des appuis matériels pour mieux atteindre le volant par exemple ou encore des modifications de rétroviseur», explique Philippe St-Pierre, porte-parole.

À un certain point, cependant, il est important de réaliser qu’il est plus sage de remettre le permis, ajoute M. St-Pierre. « C’est sûr que la famille est la mieux placée pour l’annoncer. Il faut avoir du tact. Si cela ne fonctionne pas, il faut en aviser le médecin », explique M. St-Pierre.

De nombreux signes avant-coureurs peuvent alerter les proches. « On peut remarquer des petits impacts à répétition, des rayures sur la voiture », précise M. St-Pierre. Il y a lieu également de s’inquiéter lorsque le conducteur se perd dans une ville qu’il connait bien, qu’il est confus. La crainte de prendre le volant, et les difficultés physiques sont encore des indications.

La FADOQ abonde dans le même sens, mais admet que pour certains, la décision de remettre le permis est parfois difficile à prendre.

« Il y a beaucoup de crainte. La voiture a représenté pour ces gens-là un avènement fantastique dans les années 1960. Tout était facilité. Beaucoup ont peur de s’isoler, de ne pas pouvoir se rendre à des activités, de voir des personnes. C’est comme si on leur enlevait une certaine liberté», explique Danis Prud’homme.