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Les falaises d’Étretat, côté mer et côté terre

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FÉCAMP, Normandie (France) | Elles sont constituées de couches de craie immaculée que séparent des lignes sombres de silex, cette même roche dont est couverte la grève sur le littoral. Elles mesurent entre 75 et 120 mètres de haut selon la portion de côte. Les falaises d’Étretat figurent parmi les grands sites naturels des côtes françaises.

Il existe deux façons de découvrir cette ­formation géologique exceptionnelle. L’une consiste à emprunter la voie maritime, l’autre, à s’aventurer sur la falaise en des ­endroits offrant une parfaite perspective ou encore à marcher sur la grève au pied des ­falaises.

Au départ du charmant port de Fécamp, complètement enclavé au cœur de la ville et distant d’une quinzaine de kilomètres ­d’Étretat, deux formules de sorties nautiques sont proposées.

L’option la plus singulière revient à embarquer à bord du vieux gréement Michel ­Patrick, également appelé le Mil’Pat, quand les conditions de mer le permettent. D’une longueur de 23 m, cet ancien bateau de pêche, accepte 30 passagers pour des balades en mer d’une durée de 2 ou 4 heures le long de la côte. Durant cette virée, on vous sert un «goûter» et un verre de cidre.

«On parle de géologie, de faune et de flore, mais également d’énergies alternatives, car un projet d’un vaste parc d’éoliennes au large est à l’étude», dit le capitaine du Mil’Pat, que tout le monde à Fécamp appelle Astérix.

Ce jour-là, nous avons plutôt emprunté un bateau conventionnel, bâché, dont les dimensions permettent de passer aisément sous certaines des arches qui caractérisent la ­portion de falaises comprise entre Fécamp et Étretat. Trois «rochers percés» dénommés porte d’Amont, porte d’Aval et Manneporte ponctuent cette portion de littoral, tandis que des pitons rocheux s’en trouvent complètement détachées. Ces dernières formations sont colonisées par les cormorans qui y veillent, robes noires sur la roche crayeuse, telles des sentinelles.

En compagnie d’un naturaliste

Cyriaque, guide naturaliste demeurant dans les environs d’Étretat, se spécialise dans les balades dans le secteur qu’il définit comme «un trésor de richesse naturelle».

Avec lui, j’ai emprunté le sentier qui, au ­départ de la chapelle de Notre-Dame de la Garde, mène au plus près du vide sur la ­falaise près d’Étretat.

Mon guide m’a demandé de faire comme lui, soit de m’étendre dans l’herbe touffue, de ­fermer les yeux, de me détendre et d’écouter.

Plus tard, il m’a parlé des oiseaux qu’il avait identifiés pendant ce moment de silence. Une vingtaine d’espèces, dont quelques couples de faucons pèlerins, fréquentent les falaises qui sont ce qu’il appelle une «autoroute ­migratoire». «Toutes les espèces peuvent être observées ici, dit-il, du pinson au fou de Bassan, en passant par le goéland brun qui migre des pays nordiques en suivant le trait de côte.»

En parcourant le sentier côtier, Cyriaque s’est attardé aussi à l’identification de ­nombreuses plantes typiques du bord de mer, dont le chou sauvage. En fait, chaque parcelle de terre, de falaise ou de côte amène le naturaliste, en expert, à développer son commentaire.

Avec l’organisme Natterra, Cyriaque ­propose un calendrier de sorties pour petits groupes axées sur les divers aspects de la ­nature de cette portion de la côte normande.

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