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Quatre ans de prison pour avoir rendu sa fille handicapée

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SAINT-HYACINTHE | Un père de famille a pris la direction du pénitencier pour avoir rendu sa fillette de 17 mois lourdement handicapée après l’avoir enroulée dans une doudou de la Fée clochette.

Le père avait enveloppé son enfant, tête­­ comprise dans une douillette parce qu’elle ne voulait pas dormir en janvier 2011. La petite a manqué d’oxygène à un tel point qu’elle ne peut même plus avaler sa salive par elle-même. Elle ne pourra jamais parler ni marcher et devra être gavée toute sa vie.

De l’aveu même des parents, la fillette avait l’air «comme morte» quand ils ont enlevé la doudou. Mais plutôt que de transporter leur fille d’urgence à l’hôpital, les parents s’étaient rendus au restaurant.

Carences parentales

Le juge Marc-Nicolas Foucault a envoyé le père en prison pour quatre ans.

Il a dénoncé à plusieurs reprises l’insouciance de l’accusé envers le bien-être de son enfant. «Les conséquences sur l’enfant sont directement liées à son manque de jugement et à ses carences parentales. Il n’a pas agi même s’il était évident que la petite n’allait pas bien.»

«Des symptômes si évidents qu’une petite fille d’à peine 3-4 ans s’est rendu compte que quelque chose n’allait pas, tandis que la victime respirait rapidement comme un chien», a affirmé le juge.

Mort

La procureure de la Couronne, Me Claudie Gilbert, est satisfaite de la peine. «C’est approprié dans un cas semblable où les séquelles se rapprochaient beaucoup plus de la mort que d’une cause en lésion», a dit Me Gilbert.

La grand-mère de la fillette, qui a assisté au prononcé de la sentence, s’est contentée de mentionner qu’il s’agissait pour elle de moments «très difficiles à vivre».

Le père de famille, qui célébrera ses 30 ans le mois prochain, a notamment plaidé coupable à une accusation de négligence à l’égard de l’enfant en septembre 2014. Il est resté froid tout au long du prononcé de la sentence.

«Je peux vous dire qu’il a beaucoup de regrets. C’est arrivé à de nombreuses reprises qu’il a pleuré dans mon bureau, mais c’est quelqu’un qui a de la difficulté à s’extérioriser», a expliqué l’avocat de la défense Me Romy Elayoubi.

La mère de l’enfant purge actuellement une peine de 18 mois en lien avec les mêmes événements.

 

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