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Elle passe de 55 000$ à 26 000$ par année

Baisse de salaire
Photo Benoit Chevalier France Robert
Congédiée

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Après avoir travaillé pendant 14 ans comme technicienne en électronique à l’usine Rheinmetall de St-Jean-sur-Richelieu, l’atterrissage­­ a été brutal pour une ancienne employée qui doit composer avec une baisse de salaire de plus de 50 %.

France Robert ne digère toujours pas la façon dont on l’a remerciée à l’usine Rheinmetall le 31 octobre dernier. À 40 ans, elle se retrouvait sans emploi, avec seulement 11 semaines­­ d’assurance chômage devant elle.

«On m’a pointée du doigt et on m’a montré la porte. C’est comme ça que ça s’est fini après 14 ans de service. Je ne pensais pas que ça m’arriverait à moi», relate France Robert­­ qui faisait partie de plusieurs comités au sein de l’usine.

«Je suis restée longtemps aigrie. J’en ai même fait de l’urticaire.» Comme elle, quelque 75 employés ont été remerciés l’automne dernier par l’entreprise allemande spécialisée dans l’armement, faute de contrats.

«On était remplaçables. Ils ont préféré supprimer des emplois de qualité pour sauver des bonus pour quelques gestionnaires.»

Le temps avant l’argent

Heureusement, la mère de famille de deux filles de six et huit ans a pu compter sur son conjoint pour traverser son passage à vide qui a duré près de six mois.

Le couple a dû faire des choix sur le plan financier. «On a beaucoup réduit les dépenses en lien avec les enfants. Les camps de vacances, les services de garde, tout ça coûtait beaucoup d’argent. Je n’avais plus à dépenser cet argent puisque j’étais en mesure de passer du temps avec eux.»

En tournant le dos au secteur manufacturier, celle qui travaille maintenant pour le comité Action chômage Richelieu Suroît depuis le mois de mars a aussi fait une croix sur un salaire annuel de 55 000 $, sans compter les avantages sociaux. «Je vis maintenant avec 24 000 $ en moins annuellement», confie-t-elle.

Malgré l’important écart salarial, la travailleuse peut maintenant concilier plus facilement travail et famille. Mme Robert se sent aussi beaucoup plus valorisée dans ses nouvelles fonctions. « Les gens sont tellement désabusés et mal informés en matière d’assurance emploi (...) Certains arrivent chez nous en pleurant. On fait tout ce qu’on peut pour leur redonner le sourire. »

Celle qui aspire au poste de coordonnatrice de l’organisme se désole de constater la dégradation de la qualité des emplois dans le secteur manufacturier. Elle espère que l’enjeu de la précarité sera débattu pendant la campagne électorale fédérale.

«On perd notre main-d’œuvre de qualité et notre expertise! C’est mauvais pour notre économie», conclut France Robert.

 

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