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La firme de Hans Black devra rembourser des actionnaires

La firme de Hans Black devra rembourser des actionnaires
Photo courtoisie

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La firme du financier controversé montréalais Hans Black devra rembourser des centaines de milliers de dollars à des actionnaires d’Amorfix.

La firme du financier controversé montréalais Hans Black devra rembourser des centaines de milliers de dollars à des actionnaires d’Amorfix.

La firme Interinvest, de Black, a été trouvée en défaut relativement à une poursuite pour une fraude alléguée déposée en mars.

Hans Black est ce financier montréalais bien en vue qui a fait la manchette en mars. Il a siégé à de nombreux conseils d’administration, dont celui de l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM).

«Un jugement complet est rendu en faveur du New Hampshire Bureau of Securities Regulation», peut-on lire dans un document signé par le Secrétaire d’État du New Hampshire, obtenu par notre Bureau d’enquête.

Les bureaux d’Interinvest à Montréal
Photo d'archives, Jean-François Cloutier
Les bureaux d’Interinvest à Montréal

Les documents indiquent qu’après s’être fait notifier des procédures en la matière, Interinvest «a échoué à être représentée lors de la procédure».

Selon les termes du jugement, Interinvest devra rembourser un total de 234 086 $ à trois petits épargnants qui se sont fait vendre par Black des actions de quatre petites compagnies de type penny stocks.

Une de ces compagnies est la compagnie Amorfix Life Sciences, au sein de laquelle Philippe Couillard a été président du conseil d’administration de 2010 à 2012, alors que Hans Black siégeait aussi au conseil.

Interinvest, la firme de Black, doit aussi payer une amende de 250 000 $, en plus de s’acquitter de frais divers.

Conflit d’intérêts

Selon la poursuite déposée par le New Hampshire Bureau of Securities Regulation, Hans Black a été en conflit d’intérêts puisqu’il touchait des paiements non déclarés de ces compagnies pendant qu’il en vendait des actions.

Ces paiements excédaient même parfois sa rémunération officielle comme administrateur de ces compagnies.

Hans Black a aussi fait fi du profil d’investisseur des épargnants.

<b>Eric Forcier</b><br />
Procureur
Photo d'archives, Jean-François Cloutier
Eric Forcier
Procureur

En entrevue, le procureur Eric Forcier, qui pilote le dossier au New Hampshire, a dit que la prochaine étape serait de faire reconnaître que Hans Black lui-même doit payer «puisqu’il était la personne qui contrôlait Interinvest».

Black a remis sa démission d’Interinvest aux États-Unis le 22 juillet. «Comme vous le savez, les choses sont devenues extrêmement difficiles», avait-il écrit dans une lettre.

Autre poursuite

Hans Black n’est pas au bout de ses peines puisqu’une deuxième poursuite, beaucoup plus importante, a été déposée en juin par la Securities and Exchange Commission (SEC).

Black et Interinvest «ont investi plus de 17 millions $ de l’argent des clients dans des compagnies penny stocks sans jamais dévoiler un conflit d’intérêts important», estime la SEC.

Black s’est fait rembourser pour au moins 1,7 million $ de dépenses par les compagnies, dont Amorfix, sans le dire à ses clients, selon la SEC.

Selon des documents datés du 9 septembre, Hans Black doit encore se trouver un avocat pour le représenter au procès contre la SEC.

 

Deux nouvelles tuiles pour le financier déchu

<b>Ramzi Mahmoud Alharayeri</b><br />
Wi2Wi
Photo d'archives
Ramzi Mahmoud Alharayeri
Wi2Wi

Parallèlement à ses déboires aux États-Unis, Hans Black vient de subir un revers en Cour au Québec.

Selon un jugement tombé le 19 août, Hans Black et un autre homme d’affaires devront verser 648 310 $ à Ramzi Mahmoud Alharayeri, ancien dirigeant de la compagnie Wi2Wi.

Le juge Yves-Marie Morissette a rejeté un appel logé par Black sur un jugement rendu en 2014.

Wi2Wi développe et commercialise une carte à micropuce selon un nouveau concept.

Cette compagnie est nommée dans la procédure au New Hampshire comme une des quatre compagnies dont Hans Black a vendu les actions illégalement.

Alharayeri, un Californien, reprochait à Black, alors qu’il était administrateur de la compagnie, de l’avoir empêché de liquider des actions et des options de la compagnie.

Dans une entrevue en mars, Alharayeri nous a dit que Hans Black avait ruiné sa compagnie.

Dettes

Une entreprise de l’homme d’affaires Thomas Nacos, propriétaire des restaurants Weinstein & Gavinos et Guido and Angelina, spécialisés dans la cuisine italienne, réclame aussi des sommes à Black.

La compagnie Drummcor Equities a publié un préavis d’exercice d’un droit hypothécaire pour un montant dû de 666 557,55 $ sur les somptueux bureaux de la compagnie Interinvest dans l’ouest du centre-ville de Montréal.

Les documents montrent que Drummcor a accordé un prêt à Interinvest en mars 2013. Le taux d’intérêt était de 12 %.

Thomas Nacos n’a pas rendu un appel logé cette semaine au restaurant Weinstein & Gavinos.

Le quotidien La Presse avait rapporté en 2010 que Thomas Nacos était au cœur d’un important litige avec deux promoteurs immobiliers discrets de Montréal autour de la vente d’un casino en Grèce en 2003 pour 35 millions $.

 

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