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Les centres d’éducation populaire doivent trouver 600 000$ de plus

Les centres d’éducation populaire doivent trouver 600 000$ de plus
Photo Le Journal de Montréal, Baptiste Zapirain

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Les centres d’éducation populaire de Montréal doivent prouver au gouvernement d’ici le 31 octobre qu’ils peuvent récolter 600 000$ de plus par an, ou leur avenir pourrait être menacé.

«On a peur», lâche Louise Montgrain, directrice du Pavillon d’éducation communautaire Hochelaga-Maisonneuve, un des six centres d’éducation populaire (CEP) en ville.

Ces établissements offrent à 6000 familles en difficulté des ateliers d’alphabétisation, d’informatique, des repas à prix modique ou des cours pour apprendre à gérer un budget. Ils sont logés gratuitement depuis environ 40 ans dans des bâtiments de la Commission scolaire de Montréal (CSDM).

La CSDM n’a toutefois pas renouvelé cette année son aide, équivalent à 600 000$, à cause des compressions budgétaires. Mais le Ministère de l’éducation a accepté de compenser pour prolonger le bail d’un an. Et un comité a été formé pour trouver une solution de financement durable.

Échéance courte

Les centres d’éducation populaire doivent trouver 600 000$ de plus
Photo Le Journal de Montréal, Baptiste Zapirain

Or, juste avant les vacances d’été, le Ministère a demandé aux CEP de lui fournir un plan d’affaire d’ici le 31 octobre prochain. Les CEP doivent y tenir compte que les 600 000$ de subvention offerts par l’État ne sont qu’un «règlement ponctuel» prévu «pour l’année 2015-2016 seulement», a indiqué le Ministère au Journal par courriel.

Autrement dit, les CEP doivent trouver 600 000$ de plus dans leur budget.

Que se passera-t-il s’ils en sont incapables? «On craint de disparaitre (...) On a peur que les centres fusionnent où soient sous-financés», se désole Armandine Siess, directrice ajointe du Comité social Centre-sud.

«L’échéance est très courte», ajoute-t-elle.

De plus, ces établissements n’ont pas pour habitude de faire de l’argent.

«Que voulez-vous qu’on fasse, augmenter le coût des cours? Mais on s’adresse aux plus pauvres!» s’indigne Louise Montgrain.

Se sentir utile

Cette menace angoisse aussi des usagers comme Sylvie Pilon. Cette femme de 53 ans, diagnostiquée Asperger et inapte au travail, fréquente le Comité social Centre-sud depuis 1994. Elle y mange et y contribue comme bénévole à l’atelier d’art.

«C’est une raison pour sortir de chez moi. S’il n’y a plus le centre, je ne sors plus, je ne mange plus, c’est la dépression», s’inquiète celle dont le handicap la rend incapable de faire son marché.

Le Ministère quant à lui, reste évasif quand Le Journal lui demande ce que deviendront les CEP s’ils ne parviennent pas à s’auto-financer.

«Ce n'est qu'après (avoir reçu leur plan d’affaire) qu'il conviendra des suites à donner», a-t-il indiqué dans son courriel.

 

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