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Morte sans avoir vu de médecin

La sœur de la victime croit qu’il y a eu négligence de la part de l’Hôpital

GEN-HÔPITAL DE GRANBY
Photo d'archives

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Une résidente de Granby se pose de sérieuses questions sur les soins reçus par sa sœur de 53 ans, en juin 2014, à l’Hôpital de Granby, après que celle-ci eut succombé à un infarctus aigu à l’urgence, alors qu’elle attendait depuis trois heures environ de voir le médecin de garde.

Un peu plus d’un an après le décès de Sylvie Tardif, c’est toujours l’incompréhension totale pour ses proches.

«J’ai sa photo dans ma cuisine. Je la regarde et je me dis: “Voyons, ça ne se peut pas!” Je trouve qu’il y a eu négligence de la part de l’hôpital. Ce n’est pas normal que Sylvie soit morte ainsi. C’était un cas prioritaire, mais elle n’a pas été traitée comme tel», se désole sa sœur Hélène, qui, incrédule et sous le choc, a eu la pénible tâche de constater son décès à l’hôpital.

Sylvie Tardif (en mortaise) a succombé à un infarctus aigu trois heures environ après son admission à l’urgence de l’Hôpital de Granby.
Photos Courtoisie
Sylvie Tardif (en mortaise) a succombé à un infarctus aigu trois heures environ après son admission à l’urgence de l’Hôpital de Granby.

Triage à revoir

Le coroner Yves Lambert demande au Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens (CMDP) de l’Hôpital de Granby de revoir le protocole de triage à l’urgence. Ses recommandations du 30 juin dernier s’adressent aussi à la direction des soins infirmiers et à l’Ordre des infirmières du Québec afin que les actes posés lors de cette prise en charge soient analysés.

Sylvie Tardif souffrait beaucoup d’arthrose, selon sa sœur Hélène. Le 28 juin 2014, elle s’est présentée à l’urgence de l’Hôpital de Granby à 0 h 42, se plaignant de douleur aux membres supérieurs.

L’infirmière au triage lui a attribué la priorité P3, soit une réévaluation toutes les 30 minutes. Mme Tardif pleurait et transpirait abondamment.

Le coroner précise qu’il n’y a pas de nouvelle vérification des signes vitaux; le médecin n’a pas été informé de l’état de la patiente, qui est transférée sur une civière vers 2 h.

Pleurs et gémissements

Il y avait cinq personnes jugées plus prioritaires que Mme Tardif, soit un délai d’environ cinq heures. La patiente pleure et gémit, puis elle semble dormir. À 3 h 58, Mme Tardif est retrouvée en arrêt cardiorespiratoire. Malgré les manœuvres de réanimation, le décès est constaté

Même si Mme Tardif ne présentait pas de douleur thoracique, la présence de transpiration abondante aurait dû suggérer de reprendre les signes vitaux et de présenter le cas au médecin de garde à l’urgence, juge le coroner.

Mme Tardif a laissé dans le deuil ses deux enfants ainsi que sept frères et sœurs.


Des correctifs apportés d’ici l’automne

Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’Estrie, dont relève maintenant l’Hôpital de Granby, assure que toutes les recommandations du coroner seront suivies à la lettre et que les correctifs seront appor­tés d’ici l’automne.

D’autres cas dans les hôpitaux du québec

Décédée après avoir reçu son congé d’hôpital

Le 12 mai 2014, Gérald Poisson, 61 ans, décède d’une péritonite aiguë associée à des complications postopératoires, quelques heures après avoir reçu son congé de l’Hôtel-Dieu d’Arthabaska, à Victoriaville. Dans son rapport du 12 juin dernier, le coroner Pierre Bélisle se pose des questions sur certains points. «Est-ce que, par exemple, la lecture des signes vitaux, des formules sanguines aurait dû inspirer au personnel médical une réserve et suggérer de prolonger l’hospitalisation? Après tout, à peine trois jours s’étaient écoulés depuis l’opération (la résection d’un polype à l’intestin grêle)», écrit le coroner.

Elle succombe une semaine après avoir consulté

Une femme âgée de 46 ans est morte d’embolies pulmonaires massives à l’urgence de l’hôpital Mémorial de Wakefield, en Outaouais, le 21 octobre 2013, une semaine après y avoir consulté. Alors qu’elle se préparait à aller au travail, Diane Tremblay a contacté les services d’urgence, éprouvant soudainement de la difficulté à respirer. Elle fait un arrêt cardiorespiratoire au cours de son transport à l’hôpital. Les manœuvres de réanimation dans l’ambulance et à l’urgence sont malheureusement vaines. Dans son rapport du 6 juillet dernier, la coroner Marie Pinault recommande au centre hospitalier de réviser ce dossier. Mme Tremblay avait consulté une première fois à l’urgence, le 14 octobre 2014, pour des douleurs à la jambe gauche.

 

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