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Des caméras corporelles «dans les plus brefs délais»

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photo d’archives Les caméras corporelles pourraient faire leur apparition très bientôt chez les policiers de la Ville de Montréal.

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La Fraternité des policiers et policières de Montréal discutera bientôt avec le nouveau chef du SPVM, Philippe Pichet, dans le but de munir ses patrouilleurs de caméras corporelles «dans les plus brefs délais».

«On souhaite travailler là-dessus ensemble, dans le meilleur intérêt des citoyens et de nos policiers. Ça fait partie de ma liste d’épicerie que je veux aborder très prochainement avec le nouveau directeur», a mentionné au Journal le président de la FPPM, Yves Francœur, hier.

Favorables

Selon le syndicat, la direction du SPVM a déjà entrepris des démarches pour envisager la mise en place d’un tel outil de travail.

«Nous avons toujours été favorables à cela, a rappelé M. Francœur. On préfère utiliser ces images-là, plutôt que celles partiellement prises par des citoyens munis de téléphones intelligents qui filment très souvent nos policiers.»

Cette technologie avait commencé à alimenter les discussions après les manifestations de la crise étudiante du printemps 2012.

Au moins quatre corps policiers canadiens, soit Victoria, Calgary, Edmonton et Toronto, en ont fait l’essai lors de projets-pilotes. Dans la Ville Reine, 100 policiers en sont présentement dotés sur le terrain. Le coût de ce projet prévu pour 12 mois s’élève à un demi-million de dollars.

«Ce n’est pas tant le coût des appareils, mais plutôt ceux liés au stockage, à la gestion et au tri des images qui font peur à tout le monde, selon le président de la Fraternité. Ces données devraient servir à la cour, en déontologie policière ou à la Commission d’accès à l’information et le service de police pourrait vite être submergé.»

Une image vaut mille mots

M. Francœur a ajouté que l’expérience des policiers de Victoria, en Colombie-Britannique, a notamment permis d’établir que les citoyens se montrent moins agressifs quand ils sont prévenus que l’intervention policière sera filmée et que cet enregistrement pourra être utilisé comme preuve devant les tribunaux.

De plus, la fiabilité des images immortalisées sur vidéo peut venir appuyer de façon presque irréfutable l’enquête policière.

Balises réclamées

Me André Fiset – un avocat qui défend des policiers provinciaux en matière disciplinaire depuis 1991 – invite cependant les autorités à encadrer judicieusement l’utilisation de cet outil de travail.

Me Fiset croit notamment que, pour protéger le droit à la vie privée, la diffusion de ces images par les médias devrait être «formellement interdite», a-t-il récemment écrit dans une publication destinée aux policiers.

L’avocat estime aussi qu’il «n’est pas souhaitable pour une organisation policière d’imposer l’obligation aux policiers de filmer chaque interaction avec les citoyens» et que les policiers devraient avoir le choix.

Favorable aux caméras, l’Association des policiers provinciaux du Québec, qui représente les 5000 syndiqués de la SQ, partage les mêmes préoccupations.

«Il ne fait aucun doute que c’est un outil intéressant pour nos policiers. Il faut seulement s’assurer qu’on ne sautera pas d’étape pour leur implantation et que nos membres auront une formation adéquate», a commenté le président de l’APPQ, Pierre Veilleux.

♦ Le ministère de la Sécurité publique a formé un comité de travail pour évaluer les enjeux techniques et juridiques de cette nouvelle technologie. Des recommandations sont attendues à la mi-octobre, selon Alexandra Paré, porte-parole du ministère.

 

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