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Piégé dans une opération «Mr. Big»: Michel Laflamme blanchi pour le meurtre de sa femme

Michel Laflamme, qui a admis aux policiers le meurtre de sa femme commis en 1976, est blanchi en appel

Michel Laflamme en 1999.
Photo d'archives Michel Laflamme en 1999.

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La famille de la victime est consternée que la Cour d’appel efface la condamnation de Michel Laflamme pour le meurtre de sa première femme, étranglée à Belœil il y a 39 ans, parce que les policiers lui ont soutiré des aveux «sous la con­trainte» lors d’une opération de type «Mr. Big».

«Ça me surprend beaucoup. Il est libre, il va faire ce qu’il veut», laisse tomber d’un ton amer Rolland Waltz, le frère de la victime, avant de raccrocher rapidement.

Michel Laflamme, dresseur de chiens au passé trouble, purgeait une peine d’incarcération à perpétuité depuis cinq ans et demi avant que le plus haut tribunal du Québec ordonne l’arrêt des procédures contre lui, hier.

L’homme de 61 ans pourrait quitter le pénitencier à sécurité moyenne de Cowansville dès aujourd’hui.

Mises en scène

Le 4 décembre 1976, Carmen Waltz, 23 ans, a été trouvée sans vie dans sa voiture, près d’un centre commercial de Belœil. Mère d’une fillette d’un an et demi, elle était enceinte de huit mois au moment du drame.

Ce n’est qu’en 2008 que son mari, Michel Laflamme, a été épinglé par la Sûreté du Québec quand il a avoué le crime à des policiers qui l’avaient embauché dans une organisation clandestine, en jouant le rôle de criminels pour le piéger.

Pendant cinq mois, ils ont gagné sa confiance en lui faisant transporter des diamants et des liasses d’argent, en plus de l’emmener voir le Canadien au Centre Bell et de lui verser 12 000 $ en salaire.

Il a aussi vu des agents doubles victimes de menaces ou de violence lors de mises en scène et on lui a fait croire que son ami Vince (un agent d’infiltration) serait éliminé si lui, Laflamme, n’était pas honnête.

S’il voulait rester au sein du clan, il devait ne «rien cacher» sur son passé et se confier au patron, «Mr. Big».

Il a alors admis le meurtre avec «calme et assurance», a rappelé la cour. Un mensonge motivé par sa crainte de l’organisation, a ensuite dit Laflam­me au procès.

« Abus de procédures »

Les juges Allan Hilton, Lorne Giroux et Jacques Dufresne estiment que cet aveu est «un abus de procédures» inadmissible en preuve parce que les policiers ont «compromis leur enquête» par des «tactiques coercitives» et la contrainte. Ils n’ordonnent pas la tenue d’un nouveau procès.

L’an dernier, la Cour suprême a établi que de telles confessions lors d’opérations «Mr. Big» doivent être corroborées par d’autres éléments de preuve. Dans le cas de Laflamme, la Couronne a admis n’avoir «rien d’autre» que l’aveu, selon la Cour.

«Il s’en sort encore!» s’exclame incrédule Nathalie Waltz, la petite cousine de la victime.

- Avec la collaboration de Baptiste Zapirain

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