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«Ma carrière serait allée plus loin si j'étais blanc» -Gardy Fury

Le chanteur, comédien et danseur, Gardy Fury, pense lui aussi que les offres ne sont pas assez nombreuses pour les comédiens de couleur.
Photo d'archives Le chanteur, comédien et danseur, Gardy Fury, pense lui aussi que les offres ne sont pas assez nombreuses pour les comédiens de couleur.

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«Ma carrière serait allée beaucoup plus loin si j’avais été Blanc», affirme sans la moindre hésitation Gardy Fury. Le chanteur, comédien et danseur appuie sans réserve les propos d’Isabelle Racicot, qui déplore le manque de diversité culturelle sur nos écrans.

Hier, dans nos pages, Isabelle Racicot dénonçait la faible visibilité d’artistes de couleur lors du gala des prix Gémeaux de dimanche dernier.

La situation était d’autant plus évidente puisque, au même moment, Viola Davis, Regina King et Uzo Aduba, trois actrices noires raflaient les honneurs aux Emmy Awards.

Gardy Fury n’hésite pas à joindre sa voix à celle d’Isabelle Racicot pour déplorer les opportunités d’emploi qui s’offrent aux comédiens de couleur.

«Les rôles écrits pour les Noirs sont très ancrés dans les stéréotypes. Ils sont toujours liés aux ghettos, au monde de la drogue, de la prostitution... Bref, tous des rôles croches», explique-t-il en entrevue au Journal.

« La triste réalité »

Depuis trois étés, le nom de Gardy Fury est pourtant sur toutes les lèvres. Ses rôles dans les comédies musicales Hairspray, Sister Act et Grease ont été largement remarqués tant du public que des médias. Pourtant, il soutient que les offres n’ont pas été plus nombreuses ni plus alléchantes pour autant.

«C’est la triste réalité du Québec. Il faudrait être aveugle pour ne pas le constater», se désole Gardy Fury, qui agit d’ailleurs à titre de porte-parole pour le Festival international du film black de Montréal, une célébration d’œuvres traitant de la diversité.

«Pourquoi n’a-t-on pas vu de médecin noir dans Trauma? Pourquoi il n’y a pas d’avocate brésilienne dans Unité 9?» questionne Jérôme Pruneau, directeur général de Diversité artistique Montréal, un organisme qui lutte pour une plus grande présence des artistes de la diversité culturelle.

«Les gens n’attendent que ça! Regardez le succès de Ces gars-là, ou un des deux personnages principaux est Sugar Sammy. La preuve est là», poursuit-il.

Différent au Canada anglais

D’ailleurs, les artistes de différentes origines se retrouvent souvent exclus de certains castings. L’animatrice et comédienne d’origine vietnamienne Alice Tran l’a bien vite remarqué.

«Quand un rôle demande une fille entre 25 et 35 ans, avec les yeux et cheveux bruns, on ne m’appelle pas pour auditionner, même si je réponds à tous ces critères», note-t-elle.

Pas besoin d’aller bien loin pour voir une différence. Alice Tran souligne que, du côté du Canada anglais, plusieurs appels d’audition portent la mention «ouvert à toutes les ethnies».

«Il faut en parler, ouvrir les débats. Il faut aller au fond des choses», soutient Gardy Fury.

Ce qu’ils ont dit...

«Trois des derniers films à avoir représenté le Canada aux Oscars sont Monsieur Lazhar, Incendies et Rebelles. Tous des exemples de diversité culturelle.»
-Jérôme Pruneau

«Au Québec, chaque fois qu’un personnage est issu d’une culture différente, on sent l’obligation de le justifier.»
-Alice Tran

«Le Québec a une culture tellement joviale, courtoise et ouverte sur le monde. Pourquoi est-ce que ça ne se reflète pas dans nos émissions?»
-Varda Étienne