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Un joyau culturel ébranlé à Rivière-du-Loup

L’École de musique Alain-Caron, un joyau culturel de Rivière-du-Loup.
Photo collaboration spéciale, Stéphanie Gendron L’École de musique Alain-Caron, un joyau culturel de Rivière-du-Loup.

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RIVIÈRE-DU-LOUP - Les colonnes du temple de l’École de musique Alain-Caron de Rivière-du-Loup sont ébranlées par le départ, dans des circonstances nébuleuses, de trois piliers du corps professoral, a appris le Journal.

Des parents sont inquiets. Le «bébé» de 3,7 millions $ de Marie-Claude Barrette, personnalité artistique et conjointe de Mario Dumont, et de toute la communauté culturelle louperivoise encaisse un dur coup.

Le départ de Marie-Maude Viens, d’abord en congé de maladie puis suivi d’un départ définitif, ainsi que la démission récente de Frédéric St-Pierre, suivi du départ de Rémi Pouliot, laissent des traces. Certains d’entre eux, en plus de s’occuper d’un grand nombre d’élèves, avaient des tâches de coordination.

Les professeurs Rémi Pouliot, Marie-Maude Viens et Frédéric St-Pierre.
Archives Journal de Québec
Les professeurs Rémi Pouliot, Marie-Maude Viens et Frédéric St-Pierre.

Pas de réponse

Plusieurs parents et élèves ont contacté le Journal, désespérés de ne pas avoir de réponses à leurs questions et inquiets pour leur avenir musical ou celui de leurs enfants.

«Nous avions une magnifique institution, un joyau à Rivière-du-Loup et d’excellents professeurs diplômés. Depuis le printemps je me demande, mais qu’est-ce qui passe ici? L’ambiance est lourde», lance Marie-Claude Voyer, mère de jeunes talents dans le domaine de la musique.

«Aujourd’hui, je me retrouve à courir à Rimouski ou La Pocatière pour poursuivre la formation de haut niveau de mes enfants», ajoute madame Voyer.

Peinées

Jeanne Couture suit des cours à l’ÉMAC depuis huit ans. «L’école bénéficie et a bénéficié de nombreux dons d’entreprises et d’organismes publics. Est-ce que les gens sont au courant de ce qui se passe là?», lance-t-elle. «Ça me donne les larmes aux yeux de voir un joyau culturel qui semble sombrer comme cela. Une école d’enseignement de la musique a un but pédagogique. Ça ne fonctionne plus du tout, en tout respect des autres professeurs restants».

Marie-Pier Chartier, mère de deux jeunes enfants, dont une qui aspire déjà à une grande carrière musicale et qui se démarque sur la scène nationale, en est rendue à interpeller les partenaires majeurs de l’école. Le problème semble venir de l’administration de l’école, selon elle, sentiment partagé par les autres personnes rencontrées par le Journal.

«Malgré les hautes compétences dans diverses sphères professionnelles des membres du conseil d'administration et de la directrice, bien peu semblent avoir les connaissances musicales qui pourraient s'associer à une gestion performante de l’organisme».

L’administration peu bavarde

Mais qu’est-ce qui a pu causer le départ des enseignants, dont l’un comptait le plus grand nombre d’élèves? La directrice générale Dominique Dubé et le président du conseil d’administration Serge Forest se refusent à tout commentaire sur leurs départs. Il se trouve qu’il y a maintenant un avocat au dossier, ce qui empêche de délier les langues.

Une photo d’archives de la directrice générale Dominique Dubé et le président du conseil d’administration Serge Forest.
Archives Journal de Québec
Une photo d’archives de la directrice générale Dominique Dubé et le président du conseil d’administration Serge Forest.

Quant aux parents d’élèves inquiets, on assure que tous auront accès à la disponibilité des autres professeurs et que tout va bien au niveau des inscriptions. «On garde le cap. C’est sûr que sur le coup, ce sont des départs qui nous attristent et on doit faire notre deuil. Mais l’école va bien, je suis là pour garder le fort», a signifié Dominique Dubé.

Les enseignants en question ne commenteront également pas le dossier, étant donné les procédures légales en cours.

Reste que le préfet de la MRC de Rivière-du-Loup, Michel Lagacé, a confirmé avoir été délégué pour le dossier de l’École de musique il y a quelques jours, mais semble marcher sur des oeufs. Il participera à une première rencontre du conseil d’administration le 6 octobre prochain. D’ici là, il refuse de commenter.