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Un pitbull, c’est une arme

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J’aime les chiens. Trop peut-être: la grosse discipline militaire, le collier étrangleur avec des pics, non merci. Mais puisque je n’ai eu que des terriers nains, des caniches miniatures, des bassets, et des labradors, je n’ai jamais eu à gérer une crise d’agressivité canine autre qu’un refus de donner la baballe.

J’aime les chiens. Trop peut-être: la grosse discipline militaire, le collier étrangleur avec des pics, non merci. Mais puisque je n’ai eu que des terriers nains, des caniches miniatures, des bassets, et des labradors, je n’ai jamais eu à gérer une crise d’agressivité canine autre qu’un refus de donner la baballe.

Mais, et je sais que je vais recevoir des tomates pour cet aveu, je déteste les pitbulls. Comment peut-on vouloir chez soi un chien qui a six fois plus de chances de tuer une personne que toutes les autres races canines réunies?

Avec sa sale gueule (quand son propriétaire n’affiche pas aussi une mine patibulaire), le pitbull est devenu un symbole d’hyper masculinité et d’agressivité affichée, un pied de nez baveux aux banlieusards qui prennent des marches dans le parc. Apprécié des gangs de rue, c’est devenu le chien officiel des marginaux criminels.

Ces terroristes à quatre pattes, que plusieurs jurent être très gentils, constituent une menace pour la vie humaine et animale. On ne compte plus les attaques mortelles contre des humains et d’autres animaux de compagnie. En Californie, en 2013, une vieille dame est décédée de 200 morsures de pitbull. Il lui avait même arraché un bras!

Elle prenait une marche après le souper quand il a sauté la clôture.

Menace à Brossard

Une petite fille de 8 ans, Vanessa, a été attaquée, sans provocation, par un pitbull à Brossard dimanche. Elle a eu la mâchoire broyée et a dû subir une intervention chirurgicale qui a duré sept heures.

Après l’incident, le maître s’est enfermé chez lui et a refusé de parler aux policiers. Ce n’était pas la première fois qu’un de ses deux pitbulls passait à l’attaque, mais les voisins étaient trop effrayés pour se plaindre.

Mais à chaque fois, j’entends le même discours, servi cette fois par le maire de Brossard, Paul Leduc: «le problème n’est pas le pitbull, mais le maître ». Mal dressés, tous les chiens peuvent devenir agressifs, c’est vrai. Mais un Yorkshire terrier en beau joual vert inflige pas mal moins de dommage aux mollets qu’un pitbull à la mâchoire d’acier.

Et puis, quand un pitbull attaque, quel est l’intérêt de savoir si c’est la faute du maître ou de la bête? Le résultat est le même: des gens meurent ou sont gravement blessés.

C’est pourquoi l’Ontario a interdit les pitbulls en 2005.

Une peur bleue

Il y a quelques années, une amie m’avait demandé de m’occuper du chien de son fils pendant une semaine. J’ai eu tellement peur que je l’ai gardé enfermé dans sa cage 24/7, sauf pour la promenade. Terrifiante, elle — c’était une femelle — me regardait comme si j’étais un gros T-bone juteux.

Je ne l’ai su que plus tard: le fils fréquentait un gang de rue et son chien avait été entraîné pour le combat et comme arme de dissuasion massive.

Mais de là à faire du pitbull une victime d’humains irresponsables, il y a un pas que je ne franchirai pas.

Croire que le problème, c’est le maître et non le chien, c’est comme dire que ce sont les humains qui tuent et non pas les armes à feu.

C’est de la bull...

 

 

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