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En escute dans le marais de Saint-Omer

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SAINT-OMER, Nord-Pas-de-Calais (France) | Ici, sur les 170 watringues, soit les canaux et fossés drainant le territoire, on circule encore en bacôve ou en escute, termes désignant, selon leur taille, les deux types de barques plates traditionnelles. Jusque dans les années 1970, il n’y avait ni routes, ni chemins.

Formant l’une des plus grandes zones humides du pays, le marais audomarois (de Saint-Omer), à une quarantaine de kilomètres de la mer du Nord, couvre une superficie d’environ 4000 hectares. Sa spécificité lui vaut d’être classé Réserve mondiale de biosphère par l’UNESCO.

L’habitat du marais a conservé son style traditionnel, d’autant plus facilement que toute nouvelle construction est désormais proscrite.

Quelque 5000 propriétaires se partagent 13 000 parcelles. Une bonne partie de celles-ci, en prairies humides, est vouée à l’élevage bovin auquel se consacrent une soixantaine d’agriculteurs. Jadis, des tourbières on extrayait des blocs en forme de briquettes qui étaient vendus comme combustible.

Marché flottant

La production légumière occupe les terres véritablement cultivées. Les conditions sont tellement propices dans le marais qu’on y cultive une cinquantaine d’espèces et que certains légumes, comme le chou-fleur, donnent lieu à deux récoltes par an. Une fois par mois, le dimanche, de juin jusqu’à septembre, a lieu un marché flottant, les producteurs présentant leur récolte sur la berge ou encore à même des barques. Mais, en tout temps, quand on se déplace sur les canaux, il est possible de s’approvisionner directement chez les maraîchers. L’hiver venu, les producteurs légumiers se consacrent à la culture de l’endive aussi appelée chicon.

Façonné par l’homme depuis le XIIIe siècle, le marais constitue à présent un univers naturel très riche. La diversité végétale est grande. La faune aviaire est fort imposante. On a ainsi recensé 220 espèces d’oiseaux, dont 90 nichent dans le marais. Parmi les oiseaux singuliers, on cite le blongios nain, une sorte de héron de la taille du pigeon, ou encore le butor étoilé dont le cri s’apparente au meuglement.

La tranquillité des lieux et la diversité des poissons – on en a recensé une vingtaine – attirent également les amateurs de pêche en eau douce.

Pour permettre aux visiteurs de partir à la découverte du monde du marais, la compagnie ISNOR, établie à Clairmarais, propose divers types d’embarcation, allant du kayak à la grosse barque pouvant accueillir un groupe complet.

Hervé Leleu, l’âme de cette société, a quitté sa profession dans le paramédical, pour se vouer complètement au marais. Avec son clan familial (2 filles, un fils et un gendre), il offre donc des balades, guidées ou non, à travers le marais, mais aussi l’hébergement dans un village de gîtes ruraux, et enfin une restauration du terroir flamand.

L’estaminet La Baguernette (terme désignant l’outil utilisé pour curer les fossés du marais) axe son menu sur les spécialités flamandes bien sûr, mais aussi un fameux cochon de lait cuit au four. Il n’est pas rare que l’on fasse ainsi cuire 6 à 8 porcelets en même temps. Le poisson fumé artisanalement sur place est également à l’honneur, tout comme évidemment les sublimes bières régionales.

 

REPÈRES

  • Saint-Omer, dans le Nord-Pas-de-Calais, se situe à 68 km de Lille et à 183 km de Bruxelles.
  • Saint-Omer abrite la cristallerie Arc International.
  • La Maison du marais, à Saint-Omer, est une magnifique vitrine sur la vie de cette zone naturelle exceptionnelle. Centre d’interprétation, on y accorde une grande place aux gens qui vivent dans et par le marais. Info : www.maison-du-marais.fr
  • À Clairmarais, à proximité de l’embarcadère pour les visites du marais, l’estaminet La Baguernette propose des spécialités flamandes ainsi du cochon de lait cuit au four. Info : www.isnor.fr