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Hygiène et sports au bain Maisonneuve

Vers 1915

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Avant Après
photo courtoisie Archives de la Ville de Montréal VM94-Z186 et VM114-Y-1-1_017
Photo Le Journal de Montréal, Pierre-Paul Poulin

 

 

Un bain pour vaincre les épidémies

photo courtoisie Archives de la Ville de Montréal VM94-Z186 et VM114-Y-1-1_017

Depuis cent ans, le Bain Maisonneuve (aujourd’hui Bain Morgan) accueille des baigneurs de tous les gabarits. À la fin du 19e siècle, prendre un bain devient à la mode, votre santé en dépend! À Montréal, l’industrialisation rapide a amené son lot de problèmes. Plusieurs générations s’entassent souvent dans les antiques logis dépourvus de baignoires, et parfois même d’eau courante. Les médecins hygiénistes de l’époque dénoncent cet environnement propice à l’éclosion du typhus, variole, choléra, tuberculose, fièvres typhoïdes, etc. Pour contrer les maladies contagieuses, les autorités municipales de la région de Montréal, dont celles de la Cité de Maisonneuve, entreprennent la construction de plusieurs bains intérieurs chauffés dès 1908, destinés à remplacer ceux aménagés à même le fleuve à la fin du 19e siècle. À l’époque, ce sont surtout les hommes et les enfants qui fréquentent ces établissements. Aux prises avec les tâches ménagères et les enfants en bas âge à la maison, les femmes fréquentent peu le Bain Maisonneuve, où elles sont autorisées le mardi seulement.

Un bain à l’architecture prestigieuse

photo courtoisie Archives de la Ville de Montréal VM94-Z186 et VM114-Y-1-1_017

Considéré comme l’un des plus beaux bains publics au Canada, l’opulent style Beaux-Arts du Bain Maisonneuve rappelle la Grande Station Centrale de New York. Œuvre d’Alfred Laliberté, la sculpture fontaine en bronze des petits baigneurs présente bien le public attendu au Bain. L’hygiène vise à protéger les plus vulnérables aux maladies, les enfants. Qualifiée de «city of wealth and death», Montréal affiche les plus hauts taux de mortalité infantile au monde après Calcutta (Inde) au tournant du 20e siècle. Alors en périphérie de la Ville, les conseillers de la Cité de Maisonneuve s’attellent à en faire un havre où l’hygiène et la santé sont reines. Finalisé en décembre 1915, le Bain Maisonneuve témoigne des ambitions des frères Dufresne dont le projet initial comprend un hôtel de ville, une caserne de pompier, un marché et un hippodrome (non réalisé). Mais les dépenses encourues sont aussi somptueuses que le Bain lui-même. Aux prises avec des difficultés financières, la Cité de Maisonneuve perd son indépendance en 1918 en étant annexée par la Ville de Montréal.

Un bain devenu piscine

photo courtoisie Archives de la Ville de Montréal VM94-Z186 et VM114-Y-1-1_017

Cette performance de nage synchronisée lors d’un gala aquatique marque le début d’une nouvelle ère. Avec l’arrivée des salles de bain modernes dans les logis, plus besoin d’aller se laver au bain public. Les douches et les bains privés du Bain disparaissent. Auparavant d’usage exclusif du service de police de Montréal, le gymnase est ouvert à tous. Le Bain prend le nom de Morgan en 1961. La classe moyenne découvre la natation via les cours de plongeons, de nage synchronisée, les ligues de water-polo ou les séances de bain libre. Mais les femmes y ont-elles accès? Après avoir été confinées aux mardis faute de vestiaires exclusifs, elles ont accès à des vestiaires et à des bains mixtes... en 1963. Sur 22 bains publics, sept seulement ont conservé leur fonction et cinq ont changé de vocation, tel le Bain Généreux, devenu l’Écomusée du Fier Monde en 1996. Les autres ont été démolis. Un bilan qui nous fait chérir ce monument qui recevra pour son centenaire une plaque commémorative de la part de l’Atelier d’histoire de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve.

 

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