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Poutine, prix Nobel de la paix?

Obama Poutine
Reuters

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Propagande? Bêtise? Plan caché? Il est de plus en plus difficile de suivre la logique de John Kerry, le secrétaire d’État américain, face à la Syrie.

L’armée américaine vient d’admettre qu’une unité des troupes d’opposants qu’elle a entraînée a donné une partie importante de son matériel militaire à un groupe d’islamistes affilié à Al-Qaïda. Par ailleurs, le programme d’entraînement des opposants armés à Bachar Al-Assad n’attire qu’une poignée de personnes. Les 54 premiers officiers à avoir été promus grâce à ce programme ont été capturés par le Front Al-Nusra. Ce programme coûte 500 millions de dollars.

Que faut-il aux dirigeants de l’OTAN pour qu’ils finissent par comprendre que les pays occidentaux ne peuvent pas s’allier aux islamistes sans que cela se retourne contre eux? Les islamistes combattent aussi bien le régime de Bashar Al-Assad, que la Russie, que les États-Unis et que les autres pays occidentaux. Seuls l’Iran et l’Arabie Saoudite peuvent espérer qu’une faction d’islamistes proche de leurs intérêts dominera éventuellement les autres.

Il y a quelque chose de pathétique à entendre les avertissements de John Kerry, le secrétaire d’État américain. Il met en garde la Russie contre un appui au régime syrien. Selon lui, Bashar Al-Assad fait partie du problème. Au contraire, Bashar Al-Assad est le seul véritable allié de l’OTAN. Parce que son régime est laïc.

Faisons un peu de politique-fiction. Imaginons que Poutine n’aurait pas soutenu le régime syrien et que celui-ci serait tombé. Qui donc gouvernerait le vaste territoire de la Syrie? Quelles armes seraient tombées entre les mains de l’État islamique? Et qu’est-ce que le Liban, la Jordanie, Israël, l’Iran, l’Arabie Saoudite et la Turquie auraient fait?

Dans les conditions actuelles, souhaiter la chute du régime de Bashar Al-Assad revient à faire sauter le dernier verrou qui empêche une conflagration générale dans la région.

Poutine l’a bien compris. En ce sens, si quelqu’un devait recevoir le prix Nobel de la paix cette année, ce serait lui. Le personnage est peu recommandable sous d’autres aspects. Mais sa politique dans la région est bien meilleure que celle des autres dirigeants occidentaux.