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Une bataille à finir pour les travailleurs victimes d’un cancer

Marie-Hélène Dubé est prête à se battre de nouveau pour des changements à la loi sur l’assurance-emploi.
PHOTO COURTOISIE, MARIE-CLAUDE THÉRIAULT Marie-Hélène Dubé est prête à se battre de nouveau pour des changements à la loi sur l’assurance-emploi.

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RIVIÈRE-DU-LOUP – Après avoir été le visage de la bataille des gens atteints de cancer désirant avoir un accès prolongé et plus réaliste à l’assurance-emploi, Marie-Hélène Dubé a aujourd’hui de l’énergie plus que jamais pour achever son combat.

«Ça va-tu finir par finir?», lance-t-elle, six ans après le début de sa bataille, 12 ans après que sa vie ait chaviré en raison du cancer.

De toutes les tribunes médiatiques et politiques il y a six ans, cette femme de Rivière-du-Loup reçoit encore, chaque fois qu’elle se déplace à sa boîte postale de Montréal, des appuis à sa pétition lancée à l’époque.

Ainsi, 600 000 personnes croient que les prestations d’assurance-emploi en cas de maladie grave devraient être prolongées, elles qui sont actuellement à 15 semaines.

Triste histoire

Marie-Hélène Dubé a appris froidement, par téléphone, le jour de son 32e anniversaire en 2003, qu’elle souffrait d’un grave cancer de la thyroïde. La maladie revient en 2007, puis en 2008. Pour la troisième fois, la jeune femme perdait son emploi.

Peu de temps après, elle entame une bataille qui la mènera sur toutes les tribunes, pour que soit modifiée la loi sur l’assurance-emploi, qui ne prévoit que 15 semaines de prestations en cas de maladies graves. Son cheminement prend de l’ampleur et d’autres cancéreux se joignent au mouvement.

Cinq ans plus tard

Alors que l’idée derrière la prolongation des prestations semble rejoindre une majorité d’élus ou de personnes dans la population, les projets de loi en ce sens «ont toujours planté en deuxième lecture, en raison du vote des conservateurs», rappelait madame Dubé.

«J’aimerais voir le bout de cette histoire. Je disais à mon garçon aujourd’hui âgé de 17 ans qu’il faudra quasiment qu’il termine le combat à ma mort», indique-t-elle, ajoutant qu’elle souhaitait voir la fin heureuse de cette bataille.

Pas guérie

Aujourd’hui, Marie-Hélène Dubé ne se considère pas comme étant guérie.

«C’est un état chronique contrôlé par la médication. Ça va bien, mais je ne serai jamais guérie».

Cette dernière soutient que tous s’entendent pour affirmer qu’il n’y a pas pires soucis que ceux financiers, lorsque l’on est gravement malade. «En plus, tous les partis fédéraux durant la campagne parlent d’économie. Mais quand tu as tout perdu à cause du cancer, tu ne la fais pas rouler l’économie.»

Dans un contexte où le nombre de cancers augmente, aussi chez les jeunes, elle n’hésite pas à redevenir le visage de cette bataille et affirme avoir l’énergie pour le faire, le temps de la présente campagne électorale.

Candidats confrontés

Pour le coordonnateur d’Action chômage Kamouraska, qui défend les droits des chômeurs du Bas-Saint-Laurent, il devrait y avoir une certaine logique.

«Tu perds ta job, tu as droit à 45 semaines de prestations. Pourquoi si tu avais le cancer, tu n’aurais pas droit à 45 semaines?», lance, simplement, Alain Lagacé.

Dans la circonscription de Montmagny-L’Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup, d’où provient madame Dubé, les candidats se mouillent.

Le candidat conservateur Bernard Généreux persiste et signe avec la ligne de son parti. «Pour les personnes malades, la loi prévoit 15 semaines d’assurance-emploi. Il faut noter que la très grande majorité des gens qui utilisent les prestations d’assurance-emploi pour cause de maladie sont de retour au travail en moins de 15 semaines».

Le bloquiste Louis Gagnon rappelle que le Bloc québécois a toujours appuyé madame Dubé. «On part du principe de suivre le diagnostic d’un médecin. Si c’est plus que 15 semaines, ça devrait être plus que 15 semaines. On le pense encore.».

La libérale Marie-Josée Normand est elle-même conseillère en sécurité financière et se dit à l’écoute de ce type de dossier. «On propose une prestation de compassion, pour aider les personnes dans ce cas-là, mais aussi les aidants naturels.»

Le NPD a pour sa part toujours appuyé les démarches de madame Dubé et avait même suggéré un total de 50 semaines de prestations.