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Risques de contamination avec les déversements d’eaux usées

Le débit du fleuve ne permettrait pas que les matières fécales soient dissoutes

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Contrairement à ce qu’affirme la Ville, le débit du fleuve ne contribuerait pas à diluer les matières fécales lors de l’opération de déversement qu’elle avait prévue, dit une spécialiste.

Selon Isabelle Jalliffier-Verne, ingénieure civile de l’École Polytechnique, le débit d’eau du fleuve est trop important pour que les matières soient complètement dissoutes.

«Ça peut au contraire transporter plus rapidement les contaminants vers des zones à risque», prévient-elle.

L’ingénieure a réalisé en avril dernier sa thèse de doctorat sur la question des débordements d’égouts et la protection des sources d’eau potable.

Bien que plusieurs des villes situées en aval de Montréal, telles que Repentigny, Longueuil et Sorel, n’aient pas de prise d’eau potable sur le fleuve, il n’en reste pas moins qu’on pourrait retrouver des matières près des rives, prévient-elle.

Mme Jalliffier-Verne estime que si la Ville va de l’avant avec ce déversement, elle devrait s’assurer d’un prétraitement des eaux pour filtrer le maximum de matières.

Montréal devrait aussi sensibiliser les entreprises avant, pendant et après l’opération pour tenter de diminuer leurs rejets de produits.

Moratoire

Mercredi, la Ville de Montréal a annoncé qu’elle suspend le déversement de huit milliards de litres d’eaux d’égout prévu à la mi-octobre dans le fleuve.

Sur son fil Twitter, M. Coderre a écrit avoir besoin «qu’on me prouve que c’est la chose à faire».

Pour l’opposition officielle, cette décision est un gain temporaire. «Tout le monde a appris le déversement par hasard et les arguments de la Ville pour justifier une telle opération nous apparaissent très faibles. La question qu’on se pose, c’est si personne n’avait sonné l’alarme, la Ville aurait-elle agi en catimini?» questionne Sylvain Ouellet, conseiller de Projet Montréal. Il estime que Montréal est sur la bonne voie en tentant de trouver une autre solution.

Le président du comité exécutif, Pierre Desrochers, a insisté mercredi matin pour dire que le Service de l’eau de la Ville et sa responsable, Chantal Rouleau, ont bien fait leur travail dans le dossier.

«Il y a eu beaucoup de discussions, ma collègue Chantal Rouleau a bien donné les explications et fait part de la nécessité de cette opération», a fait valoir M. Desrochers.

Situation acceptable

Le ministre de l’Environnement, David Heurtel, qui a qualifié d’«acceptable» ce déversement, s’est dit surpris du moratoire demandé par le maire Coderre. «On nous a portés à croire qu’il n’y avait pas d’autres options, que pour pouvoir réparer la conduite, pour pouvoir faire l’ensemble des travaux, il fallait absolument suivre la proposition de la Ville. La décision du maire aujourd’hui me porte à croire que, finalement, peut-être qu’il y avait d’autres options», a-t-il réagi.

– Avec la collaboration de Geneviève Lajoie et Agence QMI

 

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