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La moitié des Québécois ont peur de devenir pauvres

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Près du tiers (31 %) des Québécois s'estiment pauvres et 50 % craignent de le devenir, selon les résultats d'un sondage commandé par la Fondation Lucie et André Chagnon dévoilés mercredi. La moitié des Québécois croient d’ailleurs que les politiques sociales doivent être réévaluées, quitte à reporter l’atteinte de l’équilibre budgétaire du gouvernement.

Réalisé du 16 au 21 juin dernier par la firme Léger auprès 2006 Québécois de 18 ans et plus, ce sondage tente de cerner «les aspirations des Québécois en matière de politiques sociales».

Bien que les répondants se disent généralement satisfaits de leur qualité de vie, 41 % admettent qu’ils sont insatisfaits de leur situation financière.

Les parents de jeunes enfants (âgés de cinq ans et moins) ont particulièrement peur de s’appauvrir (59 %).

«Cette crainte de la pauvreté peut être liée au fait que la moitié des gens (48 %) perçoivent que la qualité de vie au Québec s’est détériorée au cours des dix dernières années», selon la firme Léger.

«Bien que la lutte contre la pauvreté soit visiblement un enjeu que les Québécois ont à coeur, près de trois sur dix (28 %) pensent tout de même qu’il est impossible de réduire significativement la pauvreté au Québec», a ajouté Léger.

Lorsqu’on leur demande de quelle manière ils envisagent l’avenir du Québec, près de la moitié (48 %) des répondants se disent pessimistes, 44 % se déclarent optimistes et 8 % ne savent pas quoi en penser.

Quels choix financiers pour le Québec?

Il n’y a pas de consensus sur la direction que doit prendre la société québécoise sur le plan financier: 51 % des répondants affirment que l’avenir des politiques sociales doit être débattu, même s’il faut pour cela reporter l’atteinte de l’équilibre budgétaire, tandis que 40 % croient que l’équilibre budgétaire de l’État est une priorité.

Bien que 61 % des Québécois se disent favorables à un État qui intervient dans l’économie, la moitié (51 %) privilégient les services publics financés selon le principe de l’utilisateur-payeur tandis que 38 % préfèrent plutôt un financement collectif.

Les deux tiers des Québécois (67 %) estiment également que les municipalités devraient assumer un rôle plus actif dans l’administration des programmes sociaux (ces derniers étant actuellement gérés par les gouvernements provinciaux et fédéral).

«Actuellement, huit Québécois sur dix (81 %) ont l’impression que leur point de vue n’est pas suffisamment pris en compte dans les décisions qui sont prises par les différents paliers du gouvernement, a commenté Léger. Rendre plus actif le rôle des municipalités à cet égard pourrait peut-être contribuer à faire sentir au public qu’il est mieux compris et entendu.»