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Exploitation sexuelle des enfants: une escouade spéciale formée à Québec

Cyberattaque mains gantées ordinateur
Photo Fotolia Avec l’accessibilité de plus en plus répandue à Internet, possession et distribution de pornographie juvénile, leurre et traite de personnes sont plus que jamais en croissance dans le monde et au pays. La Ville de Québec n’y fait malheureusement pas exception.

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Le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) se dote d’une nouvelle arme pour faire face aux phénomènes d’exploitation sexuelle des enfants sur Internet, qui sont en constante hausse sur le territoire et partout dans le monde. Une nouvelle brigade spécialisée se consacre depuis peu à la lutte à temps plein de ce fléau.

«On voulait être proactif. Maintenant, on est outillé de façon supérieure», affirme Mario Vézina, capitaine au module des crimes majeurs du SPVQ. L’Unité sur exploitation sexuelle des mineurs, formée de six enquêteurs qui travaillent à 100% à la lutte au phénomène, est entrée en fonction depuis quelques semaines déjà.

Alors que le SPVQ compte 40 enquêteurs au département des crimes majeurs, 15% des ressources sont maintenant allouées à la chasse aux pédophiles qui pourchassent des victimes potentielles sur la Toile et qui distribuent, visionnent des vidéos de pornographie juvénile. La nouvelle escouade a procédé à l’arrestation de deux individus depuis sa mise en place, dont l’ex-militaire accusé d’avoir diffusé du matériel illicite sur Twitter.

Avec l’accessibilité de plus en plus répandue à Internet, possession et distribution de pornographie juvénile, leurre et traite de personnes sont plus que jamais en croissance dans le monde et au pays. La Ville de Québec n’y fait malheureusement pas exception.

Un problème de plus en plus fréquent

Les enquêteurs en place ont constaté une augmentation marquée des enquêtes en matière de possession et de distribution de pornographie juvénile à Québec dans les dernières années. «En 2011-2012, on avait quatre ou cinq dossiers là-dessus. En 2013, ce sont 42 dossiers qui ont été la cible d’une enquête, alors qu’en 2014, on en a dénoté 95», remarque le capitaine.

En date du 10 juin dernier, le SPVQ avait déjà enquêté près de 50 dossiers en pareilles matières pour l’année 2015.

Plusieurs millions de fichiers sont retrouvés chaque année par les unités en place dans les différents corps de police au Canada et au Québec. Sylvain Gagné, responsable des enquêtes spécialisées au SPVQ, souligne que le problème prend une ampleur inquiétante.

«C’est très rare quelqu’un qui ne va avoir que 10, 15 ou 20 fichiers. On joue dans les quelques centaines de milliers de fichiers à chaque arrestation», souligne-t-il.

Cibler les cas importants

L’ampleur que prend le phénomène a donc motivé le SPVQ à mettre en place l’unité.

«On veut être capable de cibler les cas les plus importants et avoir le plus d’impact. On veut attraper ceux-là qui ont la plus grande quantité de photos, ceux qui ont les photos les plus graves, explique M. Gagné. On veut aussi être capable d’attaquer ceux qui sont près des écoles, près des parcs, ceux qui sont reliés à des milieux de garderies».

La brigade se fixe d’ailleurs des objectifs davantage qualitatifs, que quantitatifs, rappelle M. Vézina. «Ce qu’on veut, c’est découvrir des victimes, on veut sauver des enfants, c’est l’objectif qu’on a avec cette équipe-là».

Il n’est pas rare que lorsque les enquêteurs réalisent une perquisition de matériel de pornographie juvénile chez un individu, ils y trouvent des vidéos que le suspect a lui-même produites. Et les enfants qui sont agressés sexuellement dans ces vidéos vivent presque toujours dans l’environnement immédiat du pédophile, parfois dans la même maison. Afin d’assouvir leurs horribles fantasmes, ils n’hésitent pas à s’en prendre à leurs enfants, petits-enfants, voisins, neveux, etc.

«À nous de livrer»

Est-ce que ç’a été difficile de convaincre la haute direction de la Ville de Québec de débloquer les ressources pour la mise en place de cette escouade, demande Le Journal. Sylvain Gagné affirme que la Ville de Québec a eu confiance en son service de police.

«On sent un appui de la Ville. Maintenant, c’est à nous autres de livrer, souligne-t-il. Il faut livrer des résultats, il faut arriver avec plus d’arrestations, trouver des victimes, travailler en collaboration avec le milieu et les gens qui viennent en aide (aux victimes), avec le CAVAC».

Pour ce qui est du budget alloué à la mise sur pied de cette équipe, les deux officiers insistent : il n’est question d’aucune dépense supplémentaire pour l’instant. «Ça coïncide avec un remaniement de l’Escouade régionale mixte (ERM). On a récupéré 8 ressources de l’ERM et aucune coupe n’a été faite dans d’autres sections d’enquête», insiste Sylvain Gagné.

Important de rappeler que la lutte aux pédophiles se fait en collaboration avec la Sûreté du Québec (SQ) et la Gendarmerie royale du Canada (GRC). La SQ a notamment comme mandat de fouiller l’Internet à la recherche des prédateurs sexuels.

— Avec la collaboration de Matthieu Boivin, journaldequebec.com