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Seulement le quart des achats en ligne sont québécois

Environ 4,9 milliards $ en achats en ligne sont empochés par des entreprises étrangères, comme Amazon, contre 1,7 milliard par les entreprises québécoises.

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Les Québécois déboursent 6,6 milliards $ par année pour s’offrir des produits et des services en ligne, mais seulement 1,7 milliard $ correspondent à des achats «locaux», selon une étude dévoilée jeudi par le CEFRIO et l’Institut du Québec.

Environ 4,9 milliards $ sont en effet empochés par des entreprises étrangères, comme Amazon.

«Les Québécois achètent à l’extérieur, car ils ne retrouvent pas les produits désirés auprès de détaillants locaux. Il y a tout simplement trop de marchands qui sont absents en ligne», a exprimé Léopold Turgeon, président-directeur général du Conseil québécois du commerce de détail.

En 2014, un Québécois sur deux a fait des achats en ligne au cours de l’année. En moyenne, les cyberacheteurs du Québec dépensent 292 $ chaque mois. Toutefois, seulement 14,5 % des détaillants du Québec vendent en ligne.

Jacques Nantel, professeur émérite à HEC Montréal, croit que les commerçants doivent être plus présents sur la toile, car être absent les prive de recettes importantes. Il déplore que plusieurs petits marchands hésitent encore alors que les grands ont plongé.

«Si Eaton vendait des maisons par catalogue en 1930, les détaillants peuvent vendre leurs produits en ligne aujourd’hui», a dit M. Nantel, précisant que les petits marchands peuvent s’associer aux géants, en vendant leurs articles sur des vitrines comme Amazon.

Selon IdQ, en étant plus agiles dans le commerce en ligne, les marchands québécois pourraient plus que doubler leurs ventes virtuelles, qui représentent actuellement 2,4 % de leurs revenus. Si elles représentaient 5,2 % de leurs ventes – soit la proportion des ventes en ligne sur les recettes totales aux États-Unis –, le chiffre d’affaires des détaillants québécois grimperait de 2 milliards $ par an.

Une telle progression entraînerait une hausse du PIB du Québec de 550 millions $ par année et créerait environ 8000 nouveaux emplois, selon l’étude du CEFRIO et de I’Institut du Québec. L’État en profiterait aussi, car ses recettes fiscales grimperaient d’environ 193 millions $.

«Il y a une opportunité exceptionnelle qui échappe aux commerçants québécois», selon Raymond Bachand, président de l’IdQ, qui reconnaissait que les achats faits auprès de détaillants étrangers privent aussi le Québec de revenus fiscaux colossaux.

Présentement, l’État perd environ 165 millions $ par an en taxes et impôts parce que la majorité des achats en ligne des Québécois sont faits auprès d’entreprises étrangères. Ces firmes ne perçoivent pas la TVQ et ne paient pas d’impôt, car elles ne sont pas présentes sur le territoire québécois.

Les détaillants de la province vendent aussi virtuellement à l’extérieur de la province, mais leurs recettes étrangères sont plutôt marginales, environ 600 millions $.

L’Institut du Québec estime que les détaillants québécois doivent aussi hausser leurs ventes à l’étranger. Si 50 % de leurs ventes en ligne étaient réalisées à l’extérieur du Québec, par rapport à 30 % en ce moment, leurs ventes virtuelles grimperaient de 1,1 milliard $.