/sports/others
Navigation

Une autre femme se dit victime de harcèlement sexuel par Marcel Aubut

Marcel Aubut
DIDIER DEBUSSCHERE/JOURNAL DE QU Marcel Aubut

Coup d'oeil sur cet article

Une membre du conseil d’administration de Soccer Canada affirme avoir elle aussi été victime de harcèlement sexuel par Marcel Aubut. Amélia Salehabadi-Fouques a rencontré le président du Comité olympique canadien (COC) il y a quatre ans.

«Il y a eu plusieurs incidents», a affirmé l'avocate spécialisée en droit du sport et membre du comité d'administration de Soccer Canada, Amélia Salehabadi-Fouques, en entrevue à TVA Nouvelles, jeudi matin.

Selon elle, ces incidents auraient commencé dès sa première rencontre avec l'un des hommes les plus influents du monde du sport amateur au pays.

«Je souhaitais pouvoir m'impliquer au comité olympique parce que je me spécialise en droit du sport. Et il m'a donné rendez-vous au restaurant Queue de cheval. [...] Donc je me suis retrouvée dans ce restaurant et j'étais très surprise puisqu'il avait demandé à la personne de nous asseoir au bar de l'établissement. Je me suis vite rendu compte que ce n'était pas mes talents en tant que spécialiste en droit du sport qui étaient en jeu, mais bien, je pense, mon physique», a-t-elle relaté.

Amelia Salehabadi-Fouques
Marcel Aubut
Facebook

«Et là, il m'embrasse sans que je le veuille. Et je me suis sentie vraiment comme violée», a ajouté celle qui, dans une autre entrevue accordée à BLVD 102,1 en matinée, a précisé qu’il s’agissait bien d’un «French kiss». «C’était dégueulasse, a-t-elle mentionné. Après, je me suis rincée la bouche je ne sais plus combien de fois chez moi, je me suis sentie violée quoi.»

Mercredi, le Comité olympique canadien a indiqué qu’il avait reçu une plainte officielle au sujet du comportement de Me Aubut. La teneur de la plainte n’a pas été dévoilée, mais des sources ont affirmé au quotidien The Globe and Mail qu’il s’agirait de commentaires déplacés de nature sexuelle faits à l’endroit d’une employée du Comité olympique, dont l’identité n’a pas été dévoilée.

Une enquête interne a été déclenchée et Me Aubut s’est retiré de son poste de président, le temps que la lumière soit faite sur la situation.

Bien qu'elle n'ait pas porté plainte contre M. Aubut, Amélia Salehabadi-Fouques pourrait donc être une seconde victime de harcèlement, après qu'une plainte d'une première femme, au sein du COC, eut provoqué une enquête révélée hier par The Globe and Mail.

Il n’est pas question actuellement d’une enquête policière, mais bien d’une enquête interne au sein de l’organisation, menée par le juge à la retraite François Rolland.

D’autres incidents

Mme Salehabadi-Fouques raconte un second événement déplacé qui se serait produit l’an dernier, alors qu’elle devait rencontrer M. Aubut pour affaires à Québec.

Or, aucune chambre n’avait été réservée à son nom à l’hôtel où ils devaient se rencontrer. L’avocat lui aurait dit: «Quand est-ce que je vais venir dans ta chambre? J'ai demandé des clés pour ta chambre.» La femme a dit s'être alors enfermée dans sa chambre «à double tour, avec la chaîne de sécurité».

Puis, la mère de famille assure avoir été harcelée à nouveau lors de la Coupe du monde féminine U-20, cette fois devant son garçon de 15 ans. Me Aubut lui aurait demandé pourquoi ils n’avaient pas encore couché ensemble. La femme indique avoir choisi de ne rien dire jusqu'ici dans le but de pouvoir continuer de mener sa carrière.  

«C’est pas le premier, c’est pas le dernier en tant que femme dans ce genre de métier, et d’autant plus dans le métier du sport, c’est très violent, extrêmement violent, a affirmé l’avocate, mère de trois enfants. En général, je fais semblant, je dis rien, parce que j’en parle à des collègues et tout le monde me dit : “tu vas foutres ta carrière en l’air, c’est un homme tellement puissant, etcetera.”»

Mme Salehabadi-Fouques affirme qu’elle ne serait pas la seule, en plus de la plaignante, à avoir été victime de tels comportements du président du COC.

«Je la crois [la plaignante] parce que ça m’est arrivé à moi aussi, et je sais que c’est arrivé aussi à d’autres femmes, a-t-elle soutenu. Elles vont peut être décidé de sortir sur la place publique ou pas... Moi tout ce que je peux donner, c’est mon témoignage.»

Le quotidien torontois The Globe and Mail relatait, dans son reportage mercredi, que «M. Aubut a été décrit comme un homme “sociable” par quelques amis, mais que des sources ont dit que plusieurs femmes ont désapprouvé la façon dont il a commenté leur apparence.»

- Avec la collaboration de Sophie Côté

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.