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Mulcair, grosse performance derrière un voile

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La formule des face-à-face a permis des échanges vigoureux, soutenus, mais surtout, elle a permis aux chefs de creuser certains débats au-delà de la première ligne d’attaque bien ficelée. Je retiens les échanges éclairants sur les frappes contre l’État islamique et sur le registre des armes à feu.

La formule des face-à-face a permis des échanges vigoureux, soutenus, mais surtout, elle a permis aux chefs de creuser certains débats au-delà de la première ligne d’attaque bien ficelée. Je retiens les échanges éclairants sur les frappes contre l’État islamique et sur le registre des armes à feu.

La descente de son parti a fait de ce débat un moment charnière pour Thomas Mulcair. Il touchait au pouvoir il y a à peine trois semaines. Il se retrouve en perte de vitesse. Après avoir espéré entrer au 24 Sussex, il pourrait maintenant se retrouver sans emploi dans un mois. Les points que son parti a perdus l’ont été beaucoup au Québec. Cette perte de momentum affecte sa position à travers le Canada où de plus en plus d’électeurs commencent à douter de ses capacités de battre Stephen Harper.

Je doute que monsieur Mulcair ait réussi à réparer cette fissure profonde que le dossier du niqab a insérée entre lui et une bonne partie de ses électeurs.

Depuis le début de la campagne, ceux qui comme moi le connaissent bien vous répéteront à quel point il peut s’avérer un redoutable protagoniste en débat. Ce soir, il avait l’obligation de faire tourner le vent en offrant une performance ici au Québec, l’endroit même où la vague orange a commencé il y a quatre ans.

Mulcair solide

Monsieur Mulcair a livré une remarquable performance dans la joute oratoire. Il s’est imposé dans les échanges dès les premières minutes. Il a tenté de rebondir sur la délicate question du niqab. Ses tentatives de contre-attaquer ont sonné comme des efforts désespérés pour fuir le débat. Je doute donc qu’il ait réussi à réparer cette fissure profonde que le dossier du niqab a insérée entre lui et une bonne partie de ses électeurs.

Mais franchement, il pouvait difficilement faire mieux dans les circonstances. À ceux qui pensent encore qu’il pouvait changer sa position, je vous assure qu’une pirouette de dernière minute sur une telle question de principe aurait tourné au vaudeville.

Duceppe deuxième

Gilles Duceppe a connu un départ lent. Il a pris du mordant en avançant dans le face-à-face. Heureusement, la formule l’a bien servi. Enfermé dans le ring avec lui, l’autre boxeur avait l’obligation de lui répondre. Ils ne pouvaient pas l’ignorer comme dans le débat précédent. Sa maîtrise des dossiers lui a permis de marquer des points sur des sujets comme l’assurance emploi ou les producteurs agricoles.

Stephen Harper n’est pas celui qui fait grimper les cotes d’écoute, il n’est pas en demande pour remplacer Martin Matte, Julie Snyder ou Éric Salvail et faire rire ou divertir. Mais sa constance a l’avantage d’éviter les déceptions. Son avantage: son message est tellement simple qu’on ne peut pas ne pas le comprendre. Taxes basses, dépenses limitées, pas de déficit, sécurité.

Quant à Justin Trudeau, il est moins bon en français qu’en anglais. On oublie vite ce qu’il a dit. Pas de formules imagées, pas de remarques personnelles senties. Par contre, il a laissé une trace valable sur sa volonté de relancer l’économie grâce à son plan d’infrastructures. Il s’en sort sans trop de dommages sur son obligation de retourner en déficit. Cela va conforter ses électeurs et peut-être même lui arracher quelques précieux points.

 

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