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Où est le plancher pour le NPD au Québec? Et le plafond du Bloc?

Où est le plancher pour le NPD au Québec? Et le plafond du Bloc?
Photo Le Journal de Québec, Simon Clark

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Le sondage Léger de ce matin montre des signes de faiblesse pour le NPD et un regain du Bloc. Si ça se confirme, c'est un tournant majeur.

Le sondage Léger publié par le Journal ce matin envoie ce qui pourrait devenir une bombe dans le paysage politique fédéral au Québec. Si on se fie à ses résultats, l’appui au NPD montre des signes très nets de fléchissement.  La plupart des autres sondages que nous avons inclus dans le Calcul électoral d’aujourd’hui place le NPD un peu plus haut, mais pas énormément. Quoi qu’il en soit, étant donné la réputation du sondeur québécois dans un marché qu’il connaît bien, on ne peut pas exclure que le plancher de l’appui du parti de Thomas Mulcair au Québec se trouve sous la barre des 30%. D’ailleurs, quelques jours plus tôt, un sondage Abacus avec un échantillon considérable au Québec (638) avait mesuré 30% d’intentions de vote pour le NPD au lendemain du premier débat français. Il faut aussi retenir que, il n’y a pas si longtemps, à l’hiver dernier, le NPD connaissait des creux de 22 à 24% et qu’il n’a pas dépassé de façon soutenue la barre des 30% avant le mois de mai.

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Certains diront que les engagements politiques qu’on prend en été sont un peu comme les amours de vacances. Ce serait probablement simplifier un peu les choses, mais il n’est pas faux que le degré d’attention du public à la chose publique en été peut avoir tendance à se relâcher, rendant parfois moins solides les engagements pris pendant cette période. Aux États-Unis, par exemple, on note que les intentions de vote pendant l’été qui précède une élection sont souvent une indication assez peu fiable des résultats à venir. On verra donc dans les prochains jours si la force du NPD en début de campagne était fondée sur des assises assez solides pour assurer un retour de la vague orange. Pour le moment, la majorité des députés néodémocrates québécois sont encore projetés en tête, car le NPD profite de la division du vote entre ses opposants dans plusieurs circonscriptions, mais Thomas Mulcair n’a plus droit à l’erreur.

 

Le Bloc de retour?

Toute baisse en-deçà de leur niveau actuel entraînera des pertes de sièges de plus en plus grandes, surtout dans l’hypothèse d’un retour en force du Bloc Québécois. Par exemple, le sondage de Léger donnait 28% au NPD et 24 pourcent aux libéraux et aux bloquistes. Pour ces derniers, c’est leur meilleur résultat de tous les sondages de la campagne et le meilleur depuis l’embellie temporaire qui avait suivi le retour de Gilles Duceppe à la barre l’été dernier. Le modèle du Calcul électoral appliqué à ces résultats donne au Bloc un certain espoir de reprise, avec 14 candidats en tête selon nos estimations. Si ce positionnement se confirme, on pourra dire que le Bloc est revenu dans la « zone payante », même si on est encore loin des beaux jours de ce parti. Si Gilles Duceppe parvient à mobiliser le vote souverainiste à son plein potentiel, le plafond pourrait s’élever. Avec le NPD en baisse, chaque point dans les sondages se traduirait presque automatiquement par des gains de sièges pour le Bloc.

Un portrait d’ensemble encore stable

Dans l’ensemble du pays, notre moyenne des sondages ne perçoit pas encore de mouvement marqué, puisque les conservateurs maintiennent une avance de presque 30 sièges sur les libéraux, même si l’écart des moyennes d’intentions de vote est mince (32,2 pour les conservateurs contre 30,8 pour les libéraux). Mais il faut se rappeler que la carte électorale joue en faveur des conservateurs. Même dans l’hypothèse d’une avance de deux points, telle que mesurée par le sondage Léger, les conservateurs pourraient quand même s’en tirer avec une mince pluralité des sièges.