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Marcel Aubut: Ce qu’ils ont dit

Jean-Luc Brassard
PATRICE BERNIER/AGENCE QMI De gauche à droite: Meaghan Benfeito, Sergio Pessoa, Jean-Luc Brassard, Marcel Aubut et Jennifer Abel lors de la conférence de presse de l'annonce du chef de mission du Canada pour les Jeux d'été de 2016 au Brésil, au restaurant Le Milsa de Montréal, le jeudi 4 décembre 2014.

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MONTRÉAL – Éclaboussé par un scandale sexuel, l’ancien président du Comité olympique canadien (COC), Marcel Aubut, a remis sa démission et, depuis, les réactions pleuvent à la suite de nombreuses allégations d’inconduite et de possibles actes de harcèlement.

La médaillée olympique en nage synchronisée Sylvie Fréchette n’a pas caché son étonnement. «J’en reviens pas, j’en reviens pas qu’on en soit rendu là», s'est-elle exclamée.

Ses pensées vont aux victimes et la nageuse espère qu’elles auront le courage de dénoncer afin de vider la question sur ce qui s’est passé. «Il y a un doute qui a été installé», a mentionné Mme Fréchette, qui reconnaît aussi à Marcel Aubut un côté coloré. «C’est Marcel, mais on ne peut pas excuser des comportements de la sorte par sa personnalité colorée», a insisté la championne olympique.

Sur les ondes de Radio-Canada, un des membres du conseil d’administration du COC, Walter Sieber, a affirmé «qu’on n’était pas au courant», mais que la démission de M. Aubut a tout de même été acceptée sans hésitation.

Le chef de mission pour Rio 2016, Jean-Luc Brassard, a lui aussi réagi à cette démission et aux allégations qui ont été ébruitées ces derniers jours. Selon lui, une boîte de Pandore s’est ouverte. S'il dit n'avoir rien vu, il s'est entretenu avec de nombreuses femmes près de l’organisation, dont les témoignages seront considérés pour la suite du dossier. «J’ai parlé à plusieurs personnes, à l’intérieur et à l’extérieur du Comité olympique canadien. On entend parler de beaucoup de choses. Certaines ont des histoires, certaines ont vu, d’autres rien vu», a confié M. Brassard.

Marcel Aubut avait été prévenu, en 2009, de ne pas embrasser les femmes ou de revoir certains de ses comportements. Là encore, même si Jean-Luc Brassard a qualifié M. Aubut de «personnage», il estime que ces révélations remettent «bien des choses en perspective» et commandent de ne pas «faire l’autruche». «Ça nous amène à avoir énormément de compassion envers le personnel féminin qui a dû ou peut-être dû subir des agissements de l’ancien président», a commenté le chef de mission.

Les cas de harcèlement sexuel sont présents dans plusieurs organisations et encore liés à bien des tabous, selon Jean-Luc Brassard. La prestance du COC et la volonté qu'a l’organisation, d’aller au fond des choses, pourraient en faire un modèle pour d’autres organisations, croit-il.

Il reconnaît toutefois qu’il n’est pas toujours évident de savoir où fixer la limite, ce qui demeure une tâche difficile. «Le harcèlement sexuel n’est pas une ligne rouge qu’on franchit et où on tombe du mauvais côté. Ce qui est du harcèlement pour une femme ne l’est pas nécessairement pour une autre», a avancé Jean-Luc Brassard, affirmant qu’il importe de faire preuve de compassion pour les femmes qui vivent ces situations.

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