/news
Navigation

Marcel Aubut: l’enquête interne continue au Comité olympique canadien

Marcel Aubut, président du COC
DIDIER DEBUSSCHERE/JOURNAL DE QUÉBEC/AGENCE QMI Marcel Aubut, lors d’une conférence de presse, faisant le bilan des Jeux Panamericains de Toronto.

Coup d'oeil sur cet article

Le Comité olympique canadien va poursuivre son enquête interne sur les allégations de comportements déplacés de son président Marcel Aubut, même si ce dernier a démissionné ce matin.

«On veut faire la lumière sur ce qui s’est passé», résume Ricky Landry, relationniste pour le Comité olympique canadien (COC).

Marcel Aubut a confirmé ce matin sa démission, à la suite d’une plainte pour harcèlement sexuel déposée par une employée contre lui. Cette démission a mis un terme à l’enquête menée par le juge François Rolland sur cette plainte spécifique, car «la plaignante ne souhaitait pas poursuivre l’enquête», indique M. Landry.

Il n’a pas été capable de dire au Journal si le retrait de la plainte résulte d’un arrangement entre la plaignante et le COC.

En revanche, il affirme que le COC maintient l’enquête interne déclenchée après deux autres allégations de comportements déplacés survenues dans les médias ces derniers jours.

Plainte au barreau

Deux autres femmes, une avocate impliquée dans le sport, Amélia Salehabadi-Fouques, ainsi qu’une ancienne adjointe administrative de l’avocat, ont en effet parlé publiquement de présumés comportements inappropriés de Marcel Aubut.

Me Salehabadi-Fouques a d’ailleurs révélé ce matin qu’elle avait porté plainte au Barreau pour les gestes de Marcel Aubut, qui est avocat.

Libres de dénoncer

Il n’est pas question pour le COC que ces affaires soient mises sous le tapis.

«On ne veut pas ça (...) On veut créer un processus pour que les gens se sentent libres de dénoncer (ce genre de comportement)», a expliqué Ricky Landry.

Toutefois, le COC était au courant depuis quatre ans de l’attitude de Marcel Aubut. En 2011, le chef de la direction et secrétaire général du Comité lui a envoyé une lettre où il précisait clairement les comportements à éliminer.

Le COC n’a cependant pas été plus loin.

«Il avait été jugé que les actions posées (par le COC) étaient adéquates», a admis Ricky Landry.

À sa connaissance, aucune autre plainte n’a été formellement déposée contre Marcel Aubut.

La déclaration de Marcel Aubut

«Au cours des derniers jours, des allégations de harcèlement ont été portées à mon égard par des personnes qui me prêtent des intentions qui n’ont jamais été miennes. Bien que j’assume entièrement le caractère expansif et démonstratif de ma personnalité, je tiens à réitérer que je n’ai jamais eu l’intention d’offenser ou d’indisposer quiconque par mes paroles ou mes comportements.
 
«Compte tenu de la situation, j’ai donc demandé à être relevé temporairement de mes fonctions à la présidence du Comité olympique canadien (COC) afin que le processus d’enquête externe et indépendant initié pour faire la lumière sur ces allégations puisse se dérouler en tout respect des règles qui en assurent l’impartialité.
 
«Malheureusement, la situation actuelle constitue une distraction majeure qui fait perdre de vue les véritables objectifs du COC, spécialement à la veille des Jeux de Rio. Elle menace maintenant le bon fonctionnement de l’organisation, dont les répercussions risquent de toucher, ultimement, les athlètes olympiques canadiens qui sont la raison d’être de notre entreprise et qui ont toujours été au cœur de mes préoccupations les plus chères et de mon engagement bénévole au sein du monde olympique.
 
«Ces considérations font en sorte que j’annonce aujourd’hui ma démission à titre de président du Comité olympique canadien, auquel j’ai consacré les dix dernières années de ma vie et pour lequel je me suis battu avec toute mon énergie.
 
Je profite de l’occasion pour m’excuser sincèrement auprès des gens que mon comportement aurait offusqués. Je suis conscient que, parfois, mon attitude a pu être perçue comme discutable auprès de certaines personnes de la gent féminine et avoir entraîné un sentiment de malaise. Je le réalise. Et je vais m’ajuster.
 
«Je quitte avec le sentiment du devoir accompli. Sous ma présidence, le COC aura traversé avec succès les années les plus difficiles de son histoire dans la tourmente provoquée par une crise économique mondiale d’une ampleur jamais vue. Je suis fier d’avoir enfin donné au COC les moyens de ses ambitions et d’en avoir fait le cœur du développement de l’excellence sportive au Canada. Je souhaite au mouvement olympique d’autres très grands succès dans l’avenir. Je suis également heureux d’avoir contribué à rehausser l’influence du Canada au sein du mouvement olympique international et de léguer à tous les Canadiens la Maison olympique, et ses anneaux, au cœur de Montréal, contribuant ainsi à la promotion de la francophonie au sein du mouvement olympique canadien.
 
«Mais mon plus grand bonheur aura été celui de côtoyer et de servir nos athlètes et entraîneurs qui, chaque jour, s’entêtent à repousser leurs limites afin de nous représenter dignement. Ils constituent à mes yeux l’incarnation du courage, de la persévérance et de l’accomplissement. Ces jeunes ont été ma véritable inspiration pendant mon passage au COC et ils le demeureront alors que je consacrerai maintenant toutes mes énergies à poursuivre ma profession et de nouveaux projets.
 
«En terminant, je profite de l’occasion pour remercier ma famille, mon entourage ainsi que tous ceux qui me soutiennent dans ces moments très difficiles.»

 

Brèves

Vous désirez réagir à ce texte dans nos pages Opinions?

Écrivez-nous une courte lettre de 100 à 250 mots maximum à l'adresse suivante:

Vous pouvez aussi nous écrire en toute confidentialité si vous avez de l'information supplémentaire. Merci.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.