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Nathalie Elgrably-Lévy à la défense de la pensée libérale

Nathalie Elgrably-Lévy à la défense de la pensée libérale
photo courtoisie

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Pour plusieurs, libéralisme rime avec anarchie, chaos et loi de la jungle. C’est donc dans le but de démystifier la pensée libérale et d’en dévoiler son sens véritable que l’auteure et économiste Nathalie Elgrably-Lévy publie aujourd’hui le livre Prendre des libertés – Regard insolent sur l’actualité, une défense vibrante de cette philosophie qui prône l’égalité en droits.

Qu’est-ce que la pensée libérale?

La vraie philosophie libérale, qui remonte au 17e siècle, c’est une façon d’organiser la société de manière à ce que les gens puissent poursuivre leurs aspirations, tout en respectant celle des autres. Si je dois la résumer de façon très succincte, c’est vivre et laisser vivre, mais tout en respectant le dicton que la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres. C’est une façon d’organiser la société et d’envisager les relations entre les individus, entre les organisations, une société au sein de laquelle l’État n’intervient pas pour dicter qui fait quoi, comment, pourquoi.

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Nathalie Elgrably-Lévy à la défense de la pensée libérale
Photo courtoisie

Quelle place la pensée libérale réserve-t-elle à l’État?

L’État a une place dans la pensée libérale, mais qui lui est bien circonscrite. L’État a le rôle de faire respecter le principe d’égalité, de protéger les individus contre les agressions et de mettre sur pied un système judiciaire en lequel les gens ont confiance.

Pourquoi le libéralisme a-t-il si mauvaise presse?

Parce qu’il est mal compris. On l’associe à l’anarchie ou à d’autres variations de ce terme, comme quoi les plus forts vont manger les plus faibles, alors que ce n’est pas ça du tout. Au contraire, c’est une façon d’organiser une société dans laquelle l’État ne va pas venir me dire ce que je dois faire. Je n’aurai pas cette intrusion omniprésente dans toutes les sphères d’activités, parce que présentement, les interventions de l’État se font à tous les niveaux : des entreprises, des individus et de la vie privée. Avec le libéralisme, on part du principe que les gens savent ce qui est bon pour eux, donc on leur laisse la liberté de prendre leurs décisions par eux-mêmes, sans qu’une tierce partie leur dicte à quel moment et comment le faire.

En quel sens l’État nous contrôle-t-il?

On est vraiment très loin des premières interventions de l’État, où c’était à des fins de redistribution des revenus. Maintenant, on est vraiment rentré dans une phase où l’État infantilise la population, se comporte vraiment comme le parent avec son enfant de trois ans qu’il considère comme étant incapable de savoir ce qui est bien et pas bien. On est dans une mouvance où les gens n’aiment pas trop se sentir responsables, parce qu’ils ont peur d’assumer leurs responsabilités, les conséquences de leurs gestes, alors ils demandent à l’État de les infantiliser davantage.

Que devrait-on faire pour se rapprocher de la philosophie libérale traditionnelle?

On commence par assumer la responsabilité de ses actes, on arrête de demander à l’État de régler tout et n’importe quel problème qu’on peut rencontrer dans notre quotidien, parce que ça ne finira jamais, et on circonscrit aussi le rôle qu’on veut que l’État joue. Qu’est-ce qu’on attend de notre gouvernement? Qu’est-ce qu’on veut qu’il fasse pour nous? Jusqu’où veut-on lui donner la permission de s’immiscer?

Quel parti politique actuel se rapproche le plus de la philosophie libérale traditionnelle?

Sincèrement, c’est bonnet blanc, blanc bonnet. Il n’y en a pas un qui défend vraiment les valeurs fondamentales de la pensée libérale au sens classique du terme. On est vraiment, en ce moment, dans une variation sur un même thème. La question que nous proposent les partis, c’est: «Sur quoi voulez-vous que l’État intervienne?», alors qu’elle devrait être: «Est-ce qu’on veut qu’il intervienne?».