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Un aiguiseur de couteau à l'oeuvre

18 septembre 1936

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Avant Après
photo courtoisie Conrad Poirier, BAnQ P48,S1,P804
Photo Le Journal de Montréal, Chantal Poirier

 

À vos couteaux, ciseaux...

photo courtoisie Conrad Poirier, BAnQ P48,S1,P804

Voici une scène devenue rare: un aiguiseur à l’œuvre. Au siècle dernier, les effileurs parcourent les ruelles en poussant leurs meules à aiguiser sur roulettes. Leurs appels et la cloche de leur chariot retentissent dans la rumeur urbaine. De tous les aiguiseurs, les Bertoldi sont les plus connus. Arrivé d’Italie en 1910 à l’âge de 12 ans, Gelindo Bertoldi apprend le métier avec son oncle, Tobia Sieleri, alors seul «motello» (aiguiseur) de la cité. Le jeune homme acquiert un chariot et un cheval, et, en 1927, un camion qui lui permet de desservir boucheries, hôtels et grands restaurants. Le travail de cinq générations de Bertoldi fait prospérer l’affaire. Basée à Laval depuis 2003, l’entreprise aiguise 25 000 outils par semaine provenant de partout au Québec. De l’aiguiseur motorisé à l’entreprise spécialisée, l’affûtage est un savoir-faire bien vivant, malgré l’inox et les couteaux à rabais. La prochaine fois que vous entendrez la cloche de l’aiguiseur, sortez vos couteaux et laissez-vous raconter son histoire.

 

Saint-Laurent, une artère marchande

photo courtoisie Conrad Poirier, BAnQ P48,S1,P804

Ce sont les marchés publics qui ont d’abord donné à l’ancien faubourg Saint-Laurent sa vocation marchande, d’abord à Pré-de-Ville en 1820 (aujourd’hui près du complexe Guy-Favreau), puis sur la place du marché Saint-Laurent en 1840 (aujourd’hui, face au Monument National). L’affluence de clients les jours de marché et la présence des fermiers avec leurs produits frais favorisent l’installation de petits commerces et de restaurants sur la rue. Comme il est de coutume, les familles de boutiquiers, d’artisans et de restaurateurs logent à l’étage, au-dessus des commerces. Durant la seconde moitié du 19e siècle, de plus grands édifices à vocation commerçante et industrielle remplacent les plus anciens. Ce sont les immigrants arrivés du port tout près qui vont par la suite y ouvrir leurs commerces, tel le Hong Kong Café, visible derrière l’aiguiseur. Soixante-dix ans plus tard, il est toujours à la même adresse!

 

Des Grecs sur la Main

photo courtoisie Conrad Poirier, BAnQ P48,S1,P804

Juste à côté du restaurant chinois, un autre café s’affiche en grec. Lors de la prise de photo en 1936, la communauté grecque montréalaise compte moins de 6000 personnes. Fuyant la guerre d’indépendance (1821-1836), les premiers Grecs arrivent au pays en 1843, la plupart choisissant Montréal comme ville d’adoption. Entrepreneurs dans l’âme, ils travaillent habituellement à leur compte, notamment en restauration où ils se démarquent. Comme la communauté juive, ils s’installent sur la Main où leurs premiers lieux de culte orthodoxe et d’enseignement sont aménagés, non loin de ce petit café. C’est après la Seconde Guerre mondiale qu’une forte communauté grecque prend forme à Montréal avec l’arrivée de 100 000 immigrants. Ils demeurent aux alentours du boulevard Saint-Laurent pendant quelques décennies, logeant à moindre coût près de leur lieu de travail. Comme les Portugais, Italiens, Yougoslaves et Ukrainiens ayant aussi immigré à la même époque, la communauté grecque se concentre d’abord dans certains quartiers, comme Parc-Extension, avant de se disperser dans les quartiers et banlieues de la région.

 

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