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Du hockey plus civilisé

Stéphane Quintal
Photo d'archives Stéphane Quintal

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Il y a encore une dizaine d’années seulement, les matchs préparatoires pouvaient être remplis d’incidents violents.

Chaque formation avait au camp d’entraînement au moins quatre ou cinq joueurs peu talentueux, mais qui souhaitaient se démarquer en jetant les gants, ou pire, en y allant de mises en échec percutantes avec l’objectif de blesser l’adversaire. En 2015, ce genre de joueur n’existe plus ou presque.

La preuve, seulement une quarantaine d’incidents ont été révisés par le département de sécurité et seulement deux gestes ont mérité une audience avec Stéphane Quintal.

Le 22 septembre, Jason Akeson, des Sabres, avait donné une mise en échec à la limite de la légalité à Colin Greening, des Sénateurs, mais il y avait peu d’angles de caméra de disponibles et il n’a pas été suspendu.

Samedi, Raffi Torres, des Sharks, a frappé Jakob Silfverberg à la tête et c’est la seule suspension des matchs préparatoires.

Moins de suspensions

Les statistiques démontrent clairement que la création du département de sécurité de la LNH est un vif succès. C’est lors de la saison 2011-2012 que ce département a vu le jour et, à l’époque, 896 incidents ont été révisés et Brendan Shanahan, alors le préfet de discipline, avait suspendu 55 joueurs.

Lors de la saison 2014-2015, 633 incidents ont été révisés par le département de sécurité, ce qui représente une baisse de près de 30 % par rapport à la saison 2011-2012. Seulement 28 joueurs ont été suspendus (14-15) ce qui veut dire qu’il y a 49 % moins de suspension dans la LNH qu’il y a quatre ans.

L’éducation avant tout

C’est un progrès énorme et celui qui est maintenant à la tête du département de sécurité des joueurs, Stéphane Quintal, sait que les efforts des dernières années ont porté leurs fruits.

«C’est en 2011 que le règlement 48 est arrivé (coups à la tête) et les joueurs ne s’y étaient pas habitués; c’est pourquoi il y a eu beaucoup de suspensions. Depuis, on a passé beaucoup de temps à les éduquer, que ce soit au camp d’entraînement ou encore à Washington où, chaque année, on rencontre 90 joueurs recrues pour leur expliquer ce qui est légal ou non.

«C’est sans compter le nombre de joueurs à qui je parle dans la saison pour les prévenir que certains gestes sont limites.» Rappelez-vous avant la saison 2011-2012, il y avait une certaine confusion sur ce qui était un geste classé reprochable ou non. Mais depuis, chaque suspension est expliquée via vidéo, bref il n’y a plus de surprise.

«Sans notre approche éducative, les gars auraient de la difficulté à comprendre ce qu’est un coup illégal, souligne Stéphane Quintal dans une entrevue au cours du week-end.

«Ainsi, la mise en échec (à la tête) en contresens de John Moore, des Rangers, sur Dale Weise, du Canadien, dans les séries 2014, les joueurs ne font plus ça. Alors, tranquillement et petit à petit, le nombre de mises en échec a diminué et un changement de culture s’est imposé. Tout le monde sait qu’il y aura une suspension lorsque tu frappes un joueur dans le dos.»

La fin d’une époque

Un joueur qui a toujours joué à la limite, Dan Carcillo, a annoncé sa retraite à l’âge de 30 ans. Il savait clairement que son style de jeu faisait en sorte que les entraîneurs ne pouvaient plus l’envoyer sur la patinoire parce qu’il était un joueur marqué.

Les arbitres l’avaient à l’œil et le département de sécurité aussi. «Il n’avait plus de marge de manœuvre, souligne Quintal. Zac Rinaldo (Bruins) est dans la même catégorie.»

EN ATTENTE DE L’EXPANSION

L’Association des joueurs et la LNH ont accepté de reporter le réaménagement des divisions prévu à la fin de la saison. Une entente de trois ans était survenue à la fin du dernier lock-out, mais, tant que le dossier de l’expansion n’est pas réglé, on gardera la même formule. Cela veut donc dire que les associations seront encore débalancées (14 équipes dans l’Ouest et 16 dans l’Est) tant qu’il y aura 30 formations dans la ligue. Par la suite, il faut s’attendre à ce que la formule change, entre autres avec l’arrivée de plus de divisions.

LES AUBAINES DE BERGEVIN

En l’espace de quelques mois, Marc Bergevin a effectué un travail colossal pour améliorer son équipe à peu de frais. Tomas Fleischmann a accepté une entente d’une saison qui va lui rapporter 750 000 $, lui qui touchait 4,5 millions avec les Panthers la saison dernière. Alexander Semin a vu son salaire passer de 7 millions avec les Hurricanes (son contrat a été racheté en juin) à 1,1 million avec le Canadien. Même chose pour Torrey Mitchell. Il touchait 2,5 millions la saison dernière et il a accepté en juin un contrat de trois ans. Son salaire annuel est maintenant d’un million. Ces trois joueurs auront un rôle important et leur salaire permet à Marc Bergevin d’avoir encore de la latitude.

LES FORCES DE FLEISCHMANN

Tomas Fleischmann va donc passer la saison à Montréal et on parle ici d’un joueur très intelligent sur la patinoire. À la dernière date limite des transactions en mars, Marc Bergevin avait tenté de mettre la main sur lui, mais le directeur général des Panthers, Dale Talon, ne voulait pas aider le Canadien et l’avait échangé aux Ducks. On parle d’un joueur responsable défensivement et c’est en Floride qu’il s’est concentré sur cet aspect du jeu. «On avait une des pires défensives il y a trois ans et je me suis concentré sur cet aspect du jeu par la suite, m’a dit Fleischmann. Ça fait partie maintenant de mon style.» Sûrement de la musique aux oreilles de Michel Therrien, qui aime les attaquants responsables défensivement.