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L’ego trip de Marcel

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Dans la tourmente des révélations qui fusent de toute part sur son comportement inadmissible de mononcle aux mains longues, Marcel Aubut n’a eu d’autre choix que de démissionner.

Dans la tourmente des révélations qui fusent de toute part sur son comportement inadmissible de mononcle aux mains longues, Marcel Aubut n’a eu d’autre choix que de démissionner.

Ce n’est guère étonnant. À moins d’un an des Jeux de Rio, le scandale aurait jeté de l’ombre sur les athlètes.

Son départ assainira l’air au Comité olympique ­canadien.

Des colons qui font des farces plates en présence des femmes, tout le monde en connaît dans son entourage.

Ce qui dérange ici, c’est l’abus de pouvoir.

Quand on se voit plus grand que nature, on se croit tout permis.

Attitude blessante

Aubut vivait un ego trip à 200 km/h sur l’autoroute de la célébrité, rempli d’une assurance surréaliste.

Il baragouinait ses discours, mais d’une voix puissante, assumée. Et tant pis si vous n’aimez pas mon style, se ­disait-il.

Fonceur et tapageur, l’homme a remis le programme olympique sur les rails et replacé le français au centre du Comité olympique canadien, faisant grincer des dents l’establishment anglophone.

Tassez-vous, c’est moé, Marcel, le doer.

Quel ­souvenir aura-t-on de lui dans quelques années ?

Dans cet ego trip sans fin, Aubut jouait les rustres ­auprès des femmes, se disant: ça fait partie de mon ­personnage, c’est tout.

Il s’en excuse... mais sa déclaration est cousue de fil blanc sur ce «côté expansif» de sa personnalité qu’il dit assumer.

Un avocat, ça sait jouer avec les mots...

«Je tiens à réitérer que je n’ai jamais eu l’intention ­d’offenser ou d’indisposer quiconque par mes paroles ou mes comportements.»

Difficile à gober, celle-là.

Ne sommes-nous pas en 2015? Comment pouvait-il ne pas se rendre compte que cette attitude blessait les femmes autour de lui?

Il refusait de le voir, plutôt.

L’homme des tavernes

Aubut dit partir avec le sentiment du devoir accompli. Sur le strict plan professionnel, on doit lui donner raison.

Depuis son accession à la présidence du COC, en 2009, l’homme n’a pas compté les heures pour propulser ­l’olympisme canadien à un autre niveau.

Oui, les athlètes lui doivent beaucoup. Mais quel ­souvenir aura-t-on de lui dans quelques années?

Celui du grand homme qui a permis au Canada de ­dominer la planète aux Jeux de Vancouver et qui a placé le logo olympique dans le ciel de Montréal, ou celui du ­petit monsieur qui usait de son pouvoir pour rabaisser la femme au statut d’objet?

Marcel Aubut s’est déboulonné lui-même de son socle. C’est son entière responsabilité.

Maintenant, la côte sera longue à remonter pour refaire sa réputation. Ça prendra plus que des beaux mots d’avocat. Ça prendra des actions concrètes, un 180 º dans l’attitude.

Moins d’ego trip, plus d’humilité dans le discours.

En attendant, espérons que cette triste saga servira d’exemple à tous ceux qui, encore en 2015, agissent comme à l’époque de l’homme des tavernes.

 

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