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Les capitaux chinois affluent à Montréal

En deux mois, le quart des maisons à plus de 2 M$ ont été acquises par des investisseurs de ce pays

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En deux mois, le quart des maisons à plus de 2 M$ ont été acquises par des investisseurs de ce pays.

Hugo Joncas et Jean-François Cloutier, Bureau d’enquête

Les investisseurs chinois multiplient les transactions immobilières dans la région de Montréal, où ils ont acquis le quart des maisons les plus luxueuses.

Depuis août, des ressortissants de ce pays ont acquis cinq des 20 propriétés à plus de 2 M$ vendues dans les banlieues huppées de la métropole.

Dernière transaction en date: à Beaconsfield, un couple de Pékin qui s’installe au pays vient d’acheter la luxueuse maison canadienne de Marc Bibeau, ancien grand argentier du Parti libéral du Québec, qui fait l’objet d’une enquête de l’Unité permanente anticorruption (UPAC).

Fin août, c’est le fisc qui a revendu à un homme d’affaires chinois la maison de John Babikian, surnommé le «loup de Montréal».

Afflux soudain d’acheteurs

À l’agence immobilière de luxe Sotheby, Liza Kaufman dirige l’équipe qui a vendu la maison de Marc Bibeau.

«Dans les derniers mois, on voit un afflux soudain d’acheteurs chinois», note-t-elle.

Même constat pour Nathalie Maréchal, la courtière de Remax qui a vendu la maison de John Babikian pour le fisc.

«Pour eux, ce n’est vraiment pas cher les maisons, ici», dit-elle. La courtière ajoute qu’ils apprécient particulièrement la qualité de l’air, beaucoup moins pollué qu’en Chine.

Nathalie Maréchal a aussi conclu récemment la plus grosse vente résidentielle de l’année au Québec, un domaine de 10,2 M$ à Senneville, dans l’ouest de l’île de Montréal.

Selon Liza Kaufman, la faiblesse du dollar canadien et la chute du marché boursier chinois les poussent à venir au Canada.

«Ils se tournent vers des actifs qu’ils jugent plus sécuritaires», dit la courtière, qui a vendu à la République populaire de Chine la luxueuse résidence de sa consule, à Westmount, en 2012.

–Avec Andrew McIntosh, Sarah Sanchez et Philippe Langlois

L’ex-grand argentier libéral vend à un couple de Pékin

Photo courtoisie

Un entrepreneur en construction de la capitale chinoise arrivera dans quelques mois à Beaconsfield, dans l’ancienne maison de Marc Bibeau, qu’il vient d’acheter.

Photo courtoisie

L’ancien grand argentier du Parti libéral du Québec, qui fait l’objet d’une enquête de l’UPAC, a empoché 2,305 M$. Un profit de près de 300 % depuis l’achat payé comptant de cette maison de l’allée Garrison, en 1995. L’acheteur, Yanhui Sun, compte arri­ver dans les prochains mois, mais sa femme, Schengjun Chen, occupe déjà la maison.

Photo courtoisie

«Mon mari va peut-être se lancer dans la construction ici», dit-elle, précisant qu’ils n’ont pas encore pris de décision claire pour l’avenir.

La maison la plus chère pour un étudiant

Photo courtoisie

La maison la plus chère vendue en 2015 appartient au fils d’un riche homme d’affaires de Shanghai qui possède des centres commerciaux et des usines, selon la courtière qui a servi d’intermédiaire.

Le fils jouit maintenant d’un vaste domaine valant 10,2 M$ sur les rives du lac des Deux Montagnes, à Senneville.

Il aurait fait des études à Chicouti­mi.

«Ce père a voulu installer son fils et sa famille ici pour les sortir de la pollution», dit Nathalie Maréchal.

Deux autres transactions à Westmount

Cette maison de Summit Circle a été acquise par Honglei Shi pour 2,58 M$, le 14 août.
Photo courtoisie
Cette maison de Summit Circle a été acquise par Honglei Shi pour 2,58 M$, le 14 août.
Photo courtoisie

Sans surprise, la prestigieuse municipalité située au pied du mont Royal est elle aussi très popu­laire auprès des inves­tisseurs chinois.

Autre propriété au sommet, sur Summit Crescent, vendue le 4 août à Yading Liu pour 3,55 M$.
Photo Journal de Montréal, Pierre-Paul Poulin
Autre propriété au sommet, sur Summit Crescent, vendue le 4 août à Yading Liu pour 3,55 M$.

En août, deux maisons y ont été achetées par des ressortissants chinois.


Le château du «loup de Montréal» est vendu

La somptueuse résidence de la rue des Anémones à Laval a trouvé preneur.
Photo Journal de Montréal, Ben Pelosse
La somptueuse résidence de la rue des Anémones à Laval a trouvé preneur.

La somptueuse maison du «loup de Montréal», saisie par le fisc, vient d’être cédée à un riche Chinois qui aurait fait affaire au Québec dans le commerce du titane, un métal stratégique pour l’industrie militaire et aéronautique.

Jian Ping Zhang a acquis le 27 août l’ancienne maison lavalloise de John Babi­kian, rue des Anémones.

Le fisc avait saisi la maison de ce jeune fraudeur multimillionnaire après avoir inscrit sur la propriété des hypothèques légales totalisant 21,7 M$.

Babikian est surnommé «le loup de Montréal» en raison des similitudes avec le personnage incarné par Leonardo Di Caprio dans le film Le loup de Wall Street.

Grâce aux penny stocks

Il aurait amassé une fortune de 100 M$ en quelques années à peine dans la promotion de penny stocks.

Le prix payé pour la maison de 7300 pi2 (qui compte 23 pièces) est de 2,05 M$. C’est un peu plus que le prix demandé de 1,995 M$. Les acheteurs, Jian Ping Zhang et son épouse, ont été des actionnaires de la compagnie Titanium Chimique de 2004 à 2014, selon le Registre des entreprises du Québec.

Selon Nathalie Maréchal, Jian Ping Zhang a aussi des intérêts dans le textile. Les fonds pour acheter la maison seraient arrivés de Chine après un transfert par Toronto, explique la courtière. Lors du passage du Journal, d’importants travaux de terrassement étaient en cours, mais Jian Ping Zhang ne s’y trouvait pas.

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