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«Si tu le dis, je vais tuer ton père»

paul-rock fournier
Photo Journal de Montréal, Benoit Chevalier Paul-Rock Fournier, condamné.

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Abusée sexuellement, tripotée et menacée à l’âge de cinq ans, une victime d’un agresseur sexuel en série raconte comment il lui a volé son enfance.

«Quand ça t’arrive pour la première fois, c’est le choc. Ç’a été le noir total jusqu’à mon adolescence. C’est tout ce dont je me souviens de mon enfance.»

Hélène, nom fictif, n’avait que cinq ans la première fois que Paul-Rock Fournier a abusé d’elle dans sa résidence de Murdoch­ville, en Gaspésie, dans les années 1970. La victime, maintenant âgée dans la quarantaine, s’était rendue sur place pour jouer avec les filles de son agresseur.

«Il m’a mis la main dans les culottes et il avait du fun lui, là. Après il m’a dit. Si tu le dis, je vais tuer ton père.»

«T’es jeune, t’es petite et il ne faut pas que tu parles parce que c’est dangereux. T’as peur de lui parce que t’es une petite fille... T’écoutes ce qu’il te dit», a raconté Hélène.

Le cauchemar s’est répété à quelques reprises, à plusieurs années d’intervalles, jusqu’à l’adolescence. Ce n’est que vers 12 ans qu’elle a eu la force d’affronter son agresseur.

«Je l’ai menacé. Je lui ai dit que s’il continuait j’allais le dénoncer.»

Marquée à vie

Quarante ans après les premières agressions, Hélène vit encore avec d’importantes séquelles. Trouble de la personnalité, anxiété, dépression, sa vie est devenue une interminable thérapie.

«C’est la peur qui mène ma vie. Personne n’entre chez nous, la porte est toujours barrée. Je suis incapable de faire confiance à quelqu’un. Ça m’a empêchée de faire bien des choses.»

Après cinq ans de saga judiciaire Fournier, 67 ans, qui habite en Montérégie, a reçu une peine d’emprisonnement de trois ans à Saint-Jean-sur-Richelieu. Il a plaidé coupable d’abus sexuel sur six différentes victimes entre 1975 et 2009 en Gaspésie et en Montérégie.

«C’est insultant. On est assommé bien raide. Même s’il n’y a pas eu de violence dans les agressions, les blessures intérieures restent, elles. Je suppose qu’il va sortir dans un peu plus d’un an s’il se comporte bien.»

À la question de savoir si elle encourageait les victimes d’actes sexuelles à dénoncer, Hélène a répondu: «La seule raison pour laquelle je l’ai dénoncé, c’est pour qu’il ne fasse plus de victimes. Je ne sais pas si j’aurais été capable de le dénoncer seule. Je lève mon chapeau à celles qui le font.»

 

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