/news/currentevents
Navigation

Escorté par les policiers pour un casque de bain

casque de bain
Photo Journal de Montréal, Benoit Chevalier Yann Marcotte, de Sainte-Julie, ne voit pas pourquoi il devrait porter un casque de bain puisqu’il est chauve.

Coup d'oeil sur cet article

Pendant que Sainte-Julie fait appel aux policiers pour expulser un homme chauve qui souhaite nager sans casque de bain, de nombreuses piscines publiques permettent à des filles aux cheveux longs de se baigner sans casque.

Yann Marcotte, un nageur d’élite chauve, a été expulsé à trois reprises par les policiers du Centre de la culture et du sport de Sainte-Julie (CCSSJ) parce qu’il refusait de porter un casque de bain malgré le règlement.

«Mon voisin de couloir nage avec une barbe à la Fidel Castro et il ne se fait pas achaler avec ça», a argumenté l’homme chauve qui trouve qu’il fait trop chaud lorsqu’il porte un bonnet.

L’homme chauve ne comprend pas tout ce zèle pour un crâne découvert. «C’est ridicule et dangereux de faire intervenir les policiers pour ça. Pour la religion, on s’adapte, mais lorsqu’il est question de gros bon sens on ne fait rien», s’est écrié l’homme de 44 ans.

La direction s’était toujours montrée tolérante à son égard depuis 2003. Mais la Ville a décidé d’appliquer le règlement à la lettre le printemps dernier. «Les sauveteurs étaient rendus avec une technique de mesure des cheveux pour savoir qui devait porter le bonnet ou pas. C’était devenu ridicule, surtout lorsqu’on sait qu’un enfant peut se noyer en 20 secondes», a expliqué le directeur général du CCSSJ, Éric Hervieux.

Sécurité et hygiène

En plus des raisons de sécurité, M. Hervieux justifie la ligne dure dans l’application du règlement pour des raisons d’hygiène. Quelque 70 000 baigneurs fréquentent l’établissement annuellement. «Les nageurs n’aiment pas se retrouver avec les cheveux emmêlés d’autres baigneurs dans les doigts. On ne va pas changer le règlement pour un seul nageur.»

Pourtant, plusieurs autres piscines publiques n’obligent pas à porter un casque. À Dollard-des-Ormeaux et à Pointe-Claire, on affirme que les utilisateurs ne se sont jamais plaints des cheveux dans la piscine.

La piscine Annie-Pelletier de Montréal n’obligeait pas jusqu’à tout récemment à porter le casque de bain. Mais des plaintes d’utilisateurs ont forcé la direction à l’imposer.

Un cas d’exception ?

Pour justifier sa demande d’accommodement, Yann Marcotte signale que le centre sportif permet déjà une entorse à son règlement envers un jeune nageur autiste, qui n’est pas chauve et qui refuse de se baigner avec un casque. «Sinon c’est l’hystérie et il a un billet du médecin pour ça», a argumenté M. Hervieux. «Dans le cas de M. Marcotte, il n’y a pas matière à accommodement. On ne voit pas comment un bonnet l’empêcherait de pratiquer son activité», a-t-il ajouté.

Après s’être adressé, sans succès, à la médiation citoyenne à la Ville de Sainte-Julie, Yann Marcotte étudie la possibilité de porter sa cause devant le Protecteur du citoyen.

Ce qu’ils ont dit

Julius Grey, avocat spécialisé dans les droits individuels

«S’il n’y a pas de problème de religion, de santé ou de race, il faut se plier au règlement, sauf si on peut démontrer qu’il est arbitraire.»

Éric Hervieux directeur général du CCSSJ Sainte-Julie

Au sujet des interventions policières

«On a toujours appelé au poste, pas au 911, pour demander si des gens étaient disponibles. Ce sont eux qui nous ont dit de rappeler si ça se reproduisait.»

Au sujet de l’entretien du système de filtration de la piscine

«Il n’y a pas de danger de bris mécanique par la présence de cheveux, mais le système a besoin de plus d’entretien. [...] On n’a jamais eu de problème de poils de barbe dans les mains des baigneurs ou qui ont bouché des filtres et des tamis.»

 

 

Brèves

Vous désirez réagir à ce texte dans nos pages Opinions?

Écrivez-nous une courte lettre de 100 à 250 mots maximum à l'adresse suivante:

Vous pouvez aussi nous écrire en toute confidentialité si vous avez de l'information supplémentaire. Merci.