/news/politics
Navigation

Déversement d'eaux usées dans le fleuve: «La moins pire des solutions» - Philippe Couillard

Philippe Couillard
Photo d'archives Philippe Couillard

Coup d'oeil sur cet article

Philippe Couillard défend la décision de relâcher huit milliards de litres d'eaux usées dans le fleuve, une controverse qui fait des vagues jusqu'en Europe.

«Montréal va déverser ses égouts dans le Saint-Laurent: L’équivalent de 2600 piscines olympiques», titre aujourd'hui le magazine français Paris Match.

Le premier ministre s'est porté mardi à la défense de cette décision des fonctionnaires provinciaux et de la Ville de Montréal. «C'est la moins pire des solutions, a-t-il justifié. C'est désagréable, ce n'est pas l'idéal, mais je pense que c'est ce qu'il faut faire».

Les Montréalais verront une partie de leurs égouts relâchée directement dans l'eau pendant sept jours, du 18 au 25 octobre, en raison de travaux sur l'autoroute Bonaventure.

«C'est loin d'être idéal, mais on a un seul canal d'évacuation qui doit être purgé pour les travaux que vous connaissez pour l'autoroute Bonaventure», a renchéri Philippe Couillard. Il rappelle que ce genre de déversement s'est déjà produit par le passé. «J'espère que ça ne se reproduira jamais».

Le premier ministre a également dû voler au secours de son ministre de l'Environnement, David Heurtel, dont la tête est réclamée par l'opposition.

Le Gange du Québec

«Est-ce qu'on veut faire du fleuve Saint-Laurent le Gange du Québec?, a dénonce le député caquiste François Bonnardel. C'est comme s'il y avait 1,5 milliard de Montréalais qui en même temps "flushaient" leur bol de toilette dans le fleuve».

Le député de Granby précise que 470 000 riverains puisent leur eau potable dans le fleuve.

Le ministre de l'Environnement, David Heurtel, a indiqué la semaine dernière que le projet avait été jugé «acceptable» par ses fonctionnaires, qui planchent sur le dossier depuis l'an dernier.

Le député caquiste Mathieu Lemay ne comprend pas comment le gouvernement libéral a pu rester les bras croisés pendant tout ce temps. «Le ministre est chargé de protéger l'environnement sur tout le territoire du Québec. C'est sa fonction première en vertu de la loi. Or, il a lamentablement failli à cette tâche en ne prenant aucune mesure, au moment où c'était encore le temps, pour empêcher un tel fiasco», a-t-il déploré.

Péquistes et solidaires réclament également la suspension de l'autorisation accordée à la Ville de Montréal pour le déversement.