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Les quotas de femmes

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Le Conseil du statut de la femme préconise un quota de femmes candidates aux élections (40 %). Ainsi donc, les partis devraient mettre en place un système de gestion de l’offre, comme pour le lait, les volailles et les œufs!

Le Conseil du statut de la femme préconise un quota de femmes candidates aux élections (40 %). Ainsi donc, les partis devraient mettre en place un système de gestion de l’offre, comme pour le lait, les volailles et les œufs!

Ridicule. Le Québec n’est plus là.

Une large majorité parmi les diplômés de nos universités est constituée de femmes. Elles ont pris leur place dans tous les milieux par leur compétence et leur détermination.

C’est par ailleurs l’un des rares privilèges des militants d’une association locale de choisir leur candidat. Les parachutages venant de la direction sont source de démobilisation et de chicanes internes.

Un quota de femmes encouragerait aussi l’hypocrisie existante : les châteaux forts aux personnes qu’on veut vraiment faire élire, hommes ou femmes, et les comtés perdus d’avance à des femmes – ou des jeunes — pour remplir le quota...

Du réchauffé de Payette

La recommandation du CSF est un réchauffé du discours des Lise Payette et autres, dans les années 1960 et 1970.

Une femme est maintenant à la tête de Desjardins; une autre de Gaz Métro, une autre de la Sun Life, une autre de Vidéotron... Le Groupe Media de Québecor, incluant TVA, et Le Journal de Montréal et le Journal de Québec, les deux plus forts tirages de quotidiens au Québec, sont tous dirigés par des femmes. La juge en chef de la Cour suprême du Canada est une femme : Beverly McLachlin.

Ces femmes n’ont pas eu besoin de quotas. Elles se sont hissées à de tels postes avec leurs neurones, leur travail et leur passion.

Les raisons de la plus faible représentation des femmes en politique sont multiples : celle de la conciliation travail-famille ne tient pas la route beaucoup. Toutes ces femmes qui atteignent des postes du plus haut niveau dans le secteur public comme dans le privé ont composé avec cette même dualité travail-famille. La fonction de député n’est plus contraignante que d’autres.

J’opte plutôt pour un plus faible intérêt pour la joute bêtement partisane, très souvent simpliste et qui ne mène à rien.

Les fameux « boys clubs » de la politique, si souvent dénoncés, sont surtout soudés maintenant par le partage d’une même partisanerie aveugle, bien plus que par le « les copains d’abord » du siècle dernier, formés de collégiens attardés qui bambochaient à Ottawa ou Québec.

Le pouvoir politique n’est pas un absolu. Les femmes ont investi d’autres lieux de pouvoir, sans les béquilles de mesures discriminatoires, humiliantes dans le fond.

Les statistiques sur le nombre de femmes élues d’une élection à l’autre sont enfin très trompeuses. Elles ne traduisent pas une avancée ou un recul de la place réelle des femmes. Elles dépendent seulement de l’humeur des électeurs à l’endroit d’un parti.

En 2012, six femmes étaient premières ministres d’une province ou d’un territoire sur 12 au Canada. Deux ans plus tard, il en restait 2.

Des hauts et des bas

D’autre part, devrait-on aussi prévoir un quota d’ethniques, un quota d’handicapés, de gays et lesbiennes, sous prétexte qu’ils sont sous représentés au Salon bleu?