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L'eau potable de Montréal en péril: Heurtel se rétracte

David Heurtel
Photo Agence QMI, Simon Clark David Heurtel

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Après avoir brandi le spectre d'une contamination de l'eau potable des Montréalais, le ministre David Heurtel a dû se rétracter en matinée mercredi.

L'alimentation en eau potable des Montréalais est en péril si on ne procède pas comme prévu au déversement de huit milliards de litres d'eaux usées dans le fleuve, a répété à trois reprises mercredi en Chambre le ministre de l'Environnement.

«Si on ne va pas de l'avant avec cette solution là, dans les temps prescrits par les experts, c'est l'alimentation en eau potable de Montréal qui sera en péril, a-t-il dit, talonné par l'opposition péquiste. Ce n'est pas quelque chose qu'on veut faire, mais on n'a pas le choix pour préserver l'alimentation en eau potable des Montréalais!»

«Si on ne les fait pas, si ces travaux ne sont pas faits de la façon que les experts de la Ville de Montréal le disent, que les experts du ministère de l'Environnement le disent, les experts du ministère de la Faune le disent (...) c'est l'approvisionnement en eau potable de l'île de Montréal qui est péril», a-t-il renchéri, pressé de questions par la CAQ.

Au sortir de la période de questions, David Heurtel est passé en coup de vent devant les journalistes, sans s'arrêter. «C'était un lapsus», s'est-il contenté de lancer aux médias, à l'entrée du Conseil des ministres.

La ministre fédérale Leona Aglukkaq a ordonné à Montréal de suspendre son projet de déversement d'égouts dans le Saint-Laurent, le temps de trouver une solution de rechange.

Le gouvernement Couillard avait pourtant donné le feu vert au projet, le jugeant «acceptable».

Le ministre de l'Environnement du Québec, David Heurtel, presse Ottawa de statuer au plus vite sur le projet de déversement. Le relâchement d'égouts dans le Saint-Laurent doit se faire entre le 15 octobre et le 15 novembre pour minimiser les impacts.

L'opposition continue de réclamer la tête de David Heurtel, «qui n'a plus aucune crédibilité comme ministre de l'Environnement».

Le député péquiste demande de voir l'ensemble des avis des fonctionnaires qui ont planché sur le dossier. «On a l'impression qu'il s'en lave les mains, c'est la philosophie du après moi le déluge», déplore le député péquiste Mathieu Traversy.

Le seul rapport d'expertise rendu public indique que «pendant l'arrêt partiel de l'intercepteur sud-est, les usagers du fleuve Saint-Laurent seraient ainsi exposés à une importante contamination microbiologique». Pour le député caquiste François Bonnardel, c'est très inquiétant. Il réclame lui aussi que le gouvernement rende publiques toutes les études d'impact qui ont été faites en lien avec le déversement des égouts dans le fleuve.