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Retombées incertaines pour Montréal-Est

Pas d’emplois assurés avec l’oléoduc de TransCanada

Il n’existe actuellement pas de garantie que le pipeline Énergie Est de TransCanada rapportera à Montréal-Est.
Photo courtoisie Il n’existe actuellement pas de garantie que le pipeline Énergie Est de TransCanada rapportera à Montréal-Est.

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Rien ne garantit que le pétrole transporté par TransCanada créera des emplois à Montréal comme le prédisent les acteurs économiques, préviennent les groupes écologistes.

«On n’a pas nécessairement de garantie à ce moment-ci», admet le directeur général de l’Association industrielle de l’Est de Montréal, Dimitri Tsingakis, qui représente des raffineries.

Le porte-parole de TransCanada, Tim Duboyce, indique que son entreprise a conclu une entente d’interconnexion avec la raffinerie Suncor de Montréal-Est, assurant que le pipeline Énergie Est y sera directement connecté.

Toutefois, aucun contrat d’approvisionnement assurant l’alimentation du pipeline n’a à ce jour été confirmé par Suncor qui refuse de commenter ses engagements contractuels publiquement.

«Les contrats d’approvisionnement, c’est entre les producteurs et la raffinerie. Nous, on ne fait que le transport», explique M. Duboyce.

Exportation

En consultation publique devant les élus de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), Éric Tétrault, le PDG de Manufacturiers et exportateurs du Québec, s’est néanmoins dit «prêt à jurer sur sa part de paradis» que du pétrole transporté par Énergie Est sera bel et bien raffiné à Montréal.

Mais, pour les écologistes, il est clair qu’Énergie Est ne rapportera pas grand-chose à l’économie d’ici.

«C’est un pipeline d’exportation. Ce n’est pas ça qui va sauver des jobs à Montréal», prévient Patrick Bonin, de Greenpeace Québec.

«Neuf barils sur dix sont destinés à l’exportation», complétait Steven Guilbeault, directeur d’Équiterre, devant les élus de la CMM, il y a quelques jours.

Le Conseil des Canadiens calcule de son côté que les raffineries de l’est du Canada ne traiteraient qu’une faible proportion du brut transporté par Énergie Est, puisqu’une grande partie de leurs besoins sont déjà comblés par deux sources existantes auxquelles s’ajoutera la ligne 9B du pipeline d’Enbridge, concurrente de TransCanada.

Enbridge

À Montréal-Est, la raffinerie Suncor prévoyait en 2013 recevoir 130 000 barils de pétrole par jour par la ligne 9B du pipeline d’Enbridge, d’après une présentation faite aux investisseurs. Sachant que l’usine a actuellement la capacité de raffiner seulement 137 000 barils par jour, «s’il y a du pétrole de TransCanada qui va à Suncor, ça va être en infime quantité», fait remarquer M. Bonin.

Mais «être branché sur un oléoduc ne veut pas dire que le robinet est toujours ouvert, ce n’est pas un monopole comme Hydro-Québec», indique M. Duboyce. «Les raffineries aiment avoir le choix et changer de source en fonction des prix du marché», poursuit-il.

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