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Attente en santé: le vrai test

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Gaétan Barrette a entrepris des réformes ambitieuses dès le jour un de son mandat comme ministre de la Santé. Du point de vue du public, ces changements structurels sont complexes et difficiles à évaluer. Le vrai test, le vrai critère pour juger de ses politiques: c’est l’attente. Si nous attendons moins, bravo! Si nous attendons autant ou même plus, ces réformes deviennent une bouillie pour les chats.

Gaétan Barrette a entrepris des réformes ambitieuses dès le jour un de son mandat comme ministre de la Santé. Du point de vue du public, ces changements structurels sont complexes et difficiles à évaluer. Le vrai test, le vrai critère pour juger de ses politiques: c’est l’attente. Si nous attendons moins, bravo! Si nous attendons autant ou même plus, ces réformes deviennent une bouillie pour les chats.

En ce sens, le dossier colligé par François Paradis de la CAQ met la loupe à la bonne place et exerce une réelle pression sur le gouvernement là où ça fait mal. Vingt mille patients en attente de chirurgie ont dépassé le délai médicalement requis de six mois. Six mille cinq cents de ceux-ci attendent depuis au-delà d’un an.

Des promesses !

Cela fait des années que l’attente en santé cause des maux de tête aux gouvernements. En 2003, Jean Charest a été élu en promettant de mettre fin à l’attente! Qui s’en souvient?

La situation s’est quand même un peu améliorée. À l’arrivée de Jean Charest, nous comptions plus de 40 000 «hors délai». Dans ma dernière campagne électorale, il y a sept ans, j’en déplorais 30 000. Sauf que tous les ministres de la Santé incluant le docteur Barrette ont affirmé qu’il fallait ramener cette liste à zéro.

Le compteur de l’attente pour une chirurgie commence à tourner seulement lorsque le médecin spécialiste vous annonce qu’une intervention est nécessaire. L’attente totale est bien plus longue: vous attendez pour voir un médecin de famille. Il vous prescrit une visite à un spécialiste, vous attendez encore. Dans le processus, des tests diagnostiques pourraient être nécessaires. Il faut parfois attendre le test et attendre les résultats.

Le député caquiste François Paradis affirme que depuis le retour au pouvoir des libéraux, la situation «se détériore partout, toutes régions confondues, toutes catégories de chirurgies confondues». Chose certaine, elle ne s’améliore plus et l’attente demeure difficilement acceptable.

Souffrance et stress

À travers les statistiques, il est dangereux d’oublier que des gens en attente de chirurgie vivent un stress important. J’ai entendu des gens raconter avoir passé des semaines, voire des mois à attendre le fameux téléphone. Certains patients vivent avec une douleur permanente tant que l’intervention n’a pas eu lieu. D’autres voient leurs activités régulières suspendues.

Le ministre Barrette fait face à une guerre de l’opposition concernant les frais accessoires, au nom du grand principe de gratuité absolue. S’il balise les frais accessoires pour éviter les abus, les citoyens ne lui tiendront pas rigueur d’autoriser certains paiements afin que les services demeurent accessibles. Il devrait avoir moins peur de cela que de l’attente. Les gens ne sont pas des idéologues en matière de santé.

Dans un an ou deux, peu de gens seront en mesure de juger si les transformations organisationnelles provoquées par les projets de loi 10 ou 20 sont positives. Cependant, si les résultats en matière d’attente ne sont pas au rendez-vous, l’ensemble de l’œuvre du ministre de la Santé se verra attribuer la mention échec. Le jugement pourrait même être hâtif et brutal. En la matière, notre patience collective est épuisée.

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