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Ça sent mauvais

Bloc Eaux usées déversement Fleuve Montréal
Photo d'archives

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Oui, ça sent mauvais. Je fais bien sûr référence à cette controverse nauséabonde du déversement des eaux usées de Montréal. Tout le monde est horrifié et s’y oppose.
Mais ce qui pue vraiment au nez, ce sont ces conservateurs qui se contrefoutent de l’environnement à temps plein depuis deux décennies et qui, soudainement, se posent en garant des eaux du fleuve. Alors que le gouvernement fédéral savait depuis un an. Alors que des déversements encore pires se déroulent régulièrement à Toronto la pure sans que personne à Ottawa ne bouge le petit doigt.
Ce qui pue au nez, ce sont les candidats du NPD comme Alexandre Boulerice, qui tombent à bras raccourcis sur le maire Coderre en parlant de « folie. » J’aimerais les entendre dire la même chose à Toronto, une ville qui déverse régulièrement des milliards de litre de fange dans le lac Ontario. La loi fédérale s’appliquerait-elle différemment selon que nous soyons à Montréal ou à Toronto et selon que nous soyons en élections ou non?
Ce qui pue au nez, c’est d’entendre Tom (ou est-ce Thomas) Mulcair affirmer solennellement que lui premier ministre, jamais il ne permettrait cela. Denis Coderre lui a rapidement mis le nez dans son...Déversement. Comme ministre de l’Environnement du Québec, Thomas a permis exactement ce même genre de déversement en 2003. Sa défense : c’est la faute des péquistes! Plus tard, reconnaissant les faits, il explique sa position évolutive en affirmant qu’il a changé d’avis en 2007. Il me semble qu’il y a des limites à nous prendre pour des valises et que ces limites, Thomas Mulcair les a franchies depuis longtemps.
Le progressiste pro-Thatcher, chantre du déficit zéro. Héros des chômeurs qui pige dans la caisse d’assurance-emploi. Environnementaliste et cheerleader des sables bitumineux et du pipeline Énergie Est. Ami des souverainistes, qui se vante (en anglais) d’avoir combattu dans le camp du non. Comme on dit : qui vit par le double discours périra par le double discours.
Alors qu’il en est à sauver sa peau, c’est la fuite en avant. Harper débarque avec son entente Transpacifique et le chef orange fait une déclaration tonitruante : « je vais déchirer ce texte! » Personne n’a vu le texte, mais il va le déchirer. Les gens sont fâchés contre le déversement des eaux usées et il fonce : « Jamais je ne permettrai cela. » On n’a pas fini de le voir s’accrocher à tout ce qui flotte...
Il peut bien s’accrocher, mais la réalité est implacable. Il est largué au Canada, largué en Ontario, largué dans les Maritimes et dans l’Ouest. Même au Québec, cette province qu’il tenait pour acquis, il est en chute libre, en recul de 20 points en 20 jours! S’il ne remonte pas la pente, l’atterrissage risque d’être brutal. Il pourrait même perdre dans sa propre circonscription d’Outremont.

Pour les Québécois, il n’y a désormais plus aucune raison de voter NPD. La possibilité de le voir remplacer le gouvernement Harper est inexistante.

Pour les progressistes, le vote orange s’est transformé en vote austéritaire. Pour ceux qui voudraient une opposition capable de se tenir debout pour le Québec, pour ceux qui voudraient des élus souverainistes, le Bloc est le seul choix. Pour les fédéralistes, Trudeau remporte la mise. Ça sent mauvais pour le NPD.

AJOUT: Décidément, le personnel média du NPD n'apprécie pas mes billets de blogue, comme on peut le voir ici. Le M. Viau qui me répond est même très agressif, allant jusqu'à qualifier mon billet de "tissu de mensonges." Pourtant, il n'en débusque pas un seul avec sa réplique, comme mes lecteurs peuvent aisément le vérifier. Il me reproche, par exemple, de souligner que M. Mulcair a permis un déversement d'eaux usées en 2003, ce qui est rigoureusement exact. Le fait que le permis ait été délivré en 2002 ne l'empêchait pas de sursoir à la décision. C'est même ce qu'il exige aujourd'hui. M. Viau nous parle ensuite des actions du NPD de la Colombie-Britannique et des actions d'un député d'Ottawa. Moi j'écrivais à propos de Toronto, mettant M. Mulcair au défi d'aller dans la Ville reine pour y signifier que comme premier ministre, il allait y interdire tout déversement d'eaux usées. On risque d'attendre longtemps.