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Les policiers de Montréal refusent d’écouter leur chef

Le syndicat ne demandera pas à ses membres de remettre leur pantalon d’uniforme

Le président de la Fraternité des policiers, Yves Francœur, estime que le chef de police, Philippe Pichet, devrait avoir d’autres priorités que de faire enlever les pantalons de camouflage à ses agents.
Photo d’archives Le président de la Fraternité des policiers, Yves Francœur, estime que le chef de police, Philippe Pichet, devrait avoir d’autres priorités que de faire enlever les pantalons de camouflage à ses agents.

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Le syndicat des policiers de Montréal fait un pied de nez au nouveau chef de police en refusant de ranger les «pantalons de clown» comme il le demande.

«Avec les coupes au service de police, il y a beaucoup d’autres problématiques dont on devrait parler à la place du pantalon de camouflage», a lancé Yves Francœur, président de la Fraternité des policiers de Montréal.

«Ce n’est pas l’enjeu auquel il faut s’attarder. On voit l’émergence des gangs de rue et la mafia italienne depuis 10 ans. Et c’est quoi l’objectif du service de police? C’est de rentrer le plus d’argent possible à l’hôtel de ville, de donner des contraventions et d’interdire les pantalons de clown», a-t-il ajouté, en réagissant aux propos du nouveau chef de la police de Montréal (SPVM).

Philippe Pichet
Photo d’archives
Philippe Pichet

Fierté des policiers

Philippe Pichet s’est en effet prononcé sur le moyen de pression utilisé par les policiers depuis plus d’un an pour protester contre le projet de loi sur les régimes de retraite. En entrevue au Journal mardi, il a demandé que «tout le monde porte le pantalon de son uniforme» dès maintenant. M. Pichet a notamment dit miser sur «la très grande fierté des policiers».

«Sachant que dans des secteurs [de Montréal], on coupe dans le nombre de véhicules [en patrouille] disponibles et qu’aujourd’hui on vienne me dire que les pantalons de camouflage c’est une question de fierté? J’ai de la difficulté», a dit M. Francœur.

Il a poursuivi en rappelant que pour lui, la fierté des policiers est avant tout leur travail quotidien.

«La fierté, c’est ce travail qu’ils effectuent chaque jour, de façon professionnelle et rapide, avec les ressources que l’on a, mais aussi avec celles que l’on n’a pas», a-t-il poursuivi.

Yves Francœur
Photo d’archives
Yves Francœur

Droit constitutionnel

Yves Francœur a rappelé que le port du pantalon de camouflage est presque le seul moyen de pression à la disposition des policiers. «C’est notre droit constitutionnel, les tribunaux ont reconnu dans le passé que c’était un droit. Et la loi fait en sorte qu’on ne peut pas exercer une tonne de moyens de pression», a-t-il dit.

Rappelons que le gouvernement du Québec a récemment annoncé la fin des «pantalons de clown» chez les policiers. Selon le ministre des Affaires municipales Pierre Moreau, un projet de loi sera prochainement déposé afin de les interdire.

Le nouveau chef de police qui a succédé en août dernier à Marc Parent a d’ailleurs indiqué qu’il ne déchirerait pas sa chemise si le gouvernement Couillard déposait un tel projet de loi.

 

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