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Rage au volant : Il plaide la légitime défense

Il jure avoir agi en légitime défense en frappant fort un homme qui avait lancé un mégot sur sa voiture

Mike Bolduc estime qu’il était en situation de légitime défense lorsqu’il a envoyé à l’hôpital un homme en état d’ébriété qui aurait jeté un mégot de cigarette sur sa voiture peu auparavant.
Photo agence QMI, Maxime Deland Mike Bolduc estime qu’il était en situation de légitime défense lorsqu’il a envoyé à l’hôpital un homme en état d’ébriété qui aurait jeté un mégot de cigarette sur sa voiture peu auparavant.

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Accusé d’avoir envoyé à l’hôpital un homme saoul qui avait lancé un mégot sur sa voiture, un résident de Saint-Bernard-de-Lacolle s’est plutôt présenté en victime jeudi à son procès.

«Je ne voulais pas me battre [...] il m’avait éclaté le nez, j’étais sous le choc, s’il m’avait parlé comme du monde, rien ne serait arrivé», a lancé Mike Bolduc à la juge Anne-Marie Jacques au palais de justice de Saint-Jean-sur-Richelieu.

Car Bolduc, 28 ans, jure qu’il n’a fait que se défendre lorsqu’il a frappé Daniel Gravel assez fort pour le plonger dans le coma, en mai 2014. Les dommages étaient si graves que la victime ne se souvient même plus d’avoir été frappée.

Agresseur agressé

L’affaire, décrite par la Couronne comme un cas de rage au volant, avait débuté quand Bolduc conduisait non loin de chez lui. Gravel, qui était dans une voiture juste devant, aurait alors jeté par la fenêtre un mégot qui a atterri sur la voiture de Bolduc.

«J’ai trouvé ça ordinaire», a témoigné Bolduc.

Gravel, une fois dans son allée de garage, aurait fait signe à l’accusé, qui se serait pour sa part arrêté. C’est là que Gravel aurait frappé l’accusé en plein visage. Une altercation avait suivi et Bolduc était finalement rentré chez lui.

Notons que, selon un ami de Gravel qui était sur les lieux, ce dernier avait consommé «cinq ou six bières» dans la journée.

Mais l’accusé était ensuite revenu sur les lieux, selon lui pour aller voir son père qui habite à deux pas de chez Gravel.

Bolduc aurait alors aperçu Gravel et l’aurait confronté en lui demandant pourquoi il l’avait frappé. Une autre chicane a éclaté, Gravel aurait donné d’autres coups et Bolduc a répondu en lui en donnant trois, dont un presque fatal.

Pour Me Benoît Demchuck, il s’agit d’un cas de légitime défense, si bien que son client ne devrait pas être reconnu coupable de voies de fait graves. Me Nicolas Rochon, de la Couronne, estime quant à lui que l’accusé n’a pas agi de façon raisonnable, invalidant ainsi ce moyen de défense. La juge tranchera le 19 octobre prochain.

Ce qu’ils ont dit

« J’ai reçu plein de coups et j’en ai donné trois, dont un qui a fait un drôle de son. J’étais en danger. »

« Moi, je ne me bats pas avec le monde. Je ne voulais pas me battre avec [la victime]. » – Mike Bolduc

« [Bolduc] avait la possibilité de partir [...] Il est revenu alors qu’il savait que c’était dangereux. » – Me Nicolas Rochon, de la Couronne

« Est-ce que [Bolduc] a été prudent ? Probablement pas. Mais dans les circonstances, il a utilisé la force qu’il faut. » – Me Benoît Demchuck, de la défense

 

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